Heure de réveil : 4h35 (passion baie vitrée pour Kevan le chat)

Bon, hier j’ai fait un billet dont je ne suis pas satisfaite, je m’en excuse auprès de toi. Y’a des matins où je suis flemasse et surtout, la tête dans un étau, je suis pas au top.
Cette page est d’ailleurs pas mal comme stratégie pour contrecarrer ma terreur face à l’écriture. Ah si, je te jure. Et quand je me relis je me trouve rarement pertinente, utile, des fois drôle mais bon. Les copaines me mettent des coeurs (je suis persuadée que c’est par pitié, évidemment), de gentils commentaires, je reçois de gentils MP, mais je suis toujours persuadée de faire de la merde.

«Les grandes heures de la Duchesse Jeanne»
M’a dit un jour mon père pour se foutre de la gueule de mon blog. Il écrit lui-même, extrêmement bien (et je suis critique envers la personne, tmtc, mais je dois bien le reconnaître). En relisant cette phrase j’ai envie de chialer. Trop flamboyante, trop agressive, trop sûre d’elle, trop…
C’est comme quand ma demi-soeur m’a dit «Je me fais payer une école d’Art par ma mère parce que je sais que la tienne ne peut pas et que tu voulais le faire. Je finirai par dessiner mieux que toi» (J’avait 17 ans, elle 24).
Alors j’ai arrêté de dessiner. Encore aujourd’hui, je ne peux que très très rarement alors que je dessinais plutôt bien. (edit PDF : je redessine maintenant !)

Pleurer de bon matin : ✅

🌂🌂🌂

J’ai pas mal d’autres bonnes raisons d’avoir peur d’écrire, notamment parce que j’écris sur des sujets pas forcément évidents. J’ai pas mal écrit sur le féminisme sur mon blog et à chaque fois c’était la peur de me faire ramasser x toxicité du milieu militant. Et je me suis fait ramasser, oh que oui… J’ai aussi fait de gros dossiers, des articles ou séries d’articles avec max recherches et travail sur plusieurs jours, semaines, mois.
Comme j’y cause pas de moi j’arrive à les lire. Il s’est passé «des trucs» et depuis la naissance du petit, je suis figée. Pas à cause de lui, en plus, j’ai eu le temps de faire plein d’autres choses jusqu’à présent, sauf écrire. J’ai subi pas mal de vexations en tout genre, j’en ai pris plein la gueule pour pas un rond sur des trucs totalement inattendus.

Mais comme ne pas écrire me plonge dans la souffrance de ces mots qui ne sortent pas, j’ai puisé dans ma réserve et je me suis dit que l’écriture «sous contraintes» serait ptet la clé, histoire de préserver un peu les copines qui subissent mes pavés de la mort en MP.
Sur mon compte Insta, j’ai (presque) uniquement des photos en 1:1, sans sujet humain-e, prises au smartphone et transformées as fuck avec une bordure noire.
Ici, j’écris le matin, je note l’heure et la cause de réveil, je ne prépare absolument rien en avance et je me laisse porter par la vibe avec plus ou moins de réussite. Genre là, je sais pas du tout comment ce billet va se finir.
(et là je te mets un point final et j’envoie sans faire de fin, tu serais bien attrapée !)

😈😈😈

C’est assez inattendu, là encore, qu’une rebellZ de la life telle que moi bosse mieux sous contrainte. Je dois ça aux TCC (thérapies comportementales et cognitives) et à l’idée de tenter de prendre les choses à contre-pied. Si j’ai peur de la page blanche, alors je dois me construire un cadre, et donc des contraintes. Ma page ne sera plus blanche (j’écris au moins l’heure et la cause de réveil) et il me sera plus facile d’écrire, notamment si je fais une petite intro à la con sur mes chats.
Force est de constater que ça fonctionne, avec ce 18ème billet.
La technique n’est pas inédite évidemment (La rock star dans le style : Georges Perec avec «La Disparition» ou «Palindrome» : roman écrit sans la lettre E / roman représentant le plus long palindrome du monde).

Mais sans se la jouer PGM des Lettres tu peux tenter aussi 🙂
Juste : lance-toi !

🤺🤺🤺

J’espère que Nike me fera pas de procès… 🙄

Mais du coup ça peut être une chose intéressante à explorer, notamment pour tout ce qui relève de la création. Pose un cadre !
En plus, hey, ça marche aussi avec les enfants et c’est même un gros principe éducatif : donner un cadre permet d’éviter l’angoisse de l’infini chez l’enfant. Je sais que ça s’appelle certainement pas comme ça mais si tu as déjà rencontré un enfant, tu sais ce que je veux dire. Un enfant sans aucune limite va faire n’importe quoi en te mettant des gros fuck sous le nez. C’est une image. Chez nous on fait les fuck avec le petit doigt.
Mais si tu donnes un minimum de structure à sa liberté, il se sent moins paumé face à toutes ces possibilités que l’immensité du monde lui offre.
Donc, oui, je me traite comme une enfant.

On manque de bienveillance envers nous-mêmes. Comment j’arrive à être si patiente avec mon fils et si irritée par la moindre de mes erreurs ? Lui mérite, moi non ? Mais j’ai fait quoi au juste pour mériter toute cette colère ? 🤔
Je supporte et accepte des trucs parfois assez raides de la part de mes amies. Si je merde et que je m’en rends compte, j’essaie d’assumer et je m’excuse. Est-ce que l’inverse est vrai ? Parfois oui, ça s’appelle l’amitié et c’est génial. Souvent non, quand même. Même au pire des connards je lui trouve une excuse. Je ne pardonne pas, mais je pense aux circonstances atténuantes.
Alors que moi, je rate mon vernis, laisse tomber, j’ai jamais engueulé quelqu’un plus violemment que moi pour si peu.

Tu te demandes quel est le rapport.
Le rapport, il est que je me suis demandé comment cesser de m’enfoncer.
Je ne peux ni écrire ni dessiner >>> Je dépéris >>> Je déprime >>> Je m’engueule parce que je déprime >>> Je ne peux ni écrire ni dessiner parce que je viens de me dire que j’étais nulle.
T’as forcément, toi aussi, un cycle comme ça.
Ce que j’ai fait, c’est que j’ai tenté de trouver à partir de quand ça partait en spirale? Ici c’est facile, c’est «je m’engueule». Pour pas m’engueuler il faut soit que j’écrive ou que je dessine, soit que je me laisse la possibilité de ne pas le faire. Comme me laisser vivre ma vie n’est visiblement pas à l’ordre du jour, il fallait que je trouve un truc pour «m’obliger» à écrire.

Et voilà.

Tu fais partie de ma thérapie.

J’ai reçu des petits mots doux et ça m’a fait plaisir, ça m’a donné envie de continuer. Je sais que mes textes ne sont pas tous réussis, mais je m’efforce de bien le vivre et de livrer au moins quelque chose chaque matin. Je suis assez mécontente de mon billet d’hier, c’est la vie. Je sais que je vais sans doute me trouver cruche en relisant ce billet-ci, mais je le publierai. C’est le jeu !

J’ai capté que je ne risquais pas grand chose à essayer. Étant donné que ma pire juge, c’est moi, si le texte passe la douane c’est qu’il n’est pas si mauvais.

Et si je peux collectiviser mes secrets de fabrication, c’est avec grand plaisir

🐙🐙🐙

Par ailleurs, j’ai découvert récemment que je faisais peur ou que j’impressionnais des gens, c’est super flippant et pas toujours justifié. Je profite pour l’occase de le dire parce que j’ai reçu un gentil MP en ce sens hier.
Les personnes qui m’ont rencontrée le savent : je suis super timide et difficile à aborder, «sauvage» selon mon ancien responsable (qui a raison) mais absolument pas dangereuse. Une fois en confiance je peux même être drôle. Si on est amies, je ferai tout pour t’aider. Surtout avec les femmes ou personnes subissant des discriminations liées à leur genre, soyons honnêtes. Je réserve ma violence aux mecs cis se comportant comme tels.

Alors tu peux commenter (sauf si t’es venue me demander si je connnais l’UPR, ça va JE CONNAIS L’UPR MERCI), relever mes erreurs et mes imprécisions, poser des questions ou juste me coller un gif de chat.

Je mords pas.

Enfin si mais pas toi.