Heures de réveil : 3hquelquechose 4h27 (cauchemar d’Enfant, Enfant qui prend toute la place dans le lit)

TW : évocation (sans détails, sans gore, on est pas là pour ça) de meurtres et de tous les trucs associés aux tueurs en série, violences familiales.

Attention, c’est la journée mondiale du café, et pour fêter ça, bah je bois du café. Comme chaque matin, oui, ok, chut.

…alors on va parler de daronne de serial killer, non ?

On a précédemment parlé de la daronne à Ed Gein et de la daronne à Josef Fritzl.

 

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On va parler de la daronne à Ed Kemper. Ce dernier ressemblant à mon père sur certaines photos anciennes, il y aura juste quelques photos de lui (pas de mon père, l’autre), et c’est maintenant, comme ça c’est fait :

J’ai volontairement mis des mugshots plus récents, car ça me GONFLE qu’on puisse acheter sa petite coque de téléphone Ed Kemper oklm sur Etsy. On a déjà parlé de la glamourisation du crime, maintenant qu’il a 72 ans, je doute qu’on mette à jour l’imagerie memorabilia le concernant et cette hypocrisie est immonde.

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Edmund Kemper III est né en 1948 en Californie, l’état de prédilection des serial killers des années 70/90 avec la Floride. C’est sans doute la mer, je ne sais pas. Soit ça, soit la mère, parce qu’il fallait faire ce très mauvais jeu de mots (pardon). En réalité, ça tient surtout à la “liberté de mœurs” californienne qui a permis à plusieurs générations de personnes (dont beaucoup de personnes LGBT+) d’essayer d’être elles-mêmes avec…heu…plus ou moins de succès. Si tu veux en savoir plus sur la Californie, la question a été posée par Quora.

😶 En 1948, cela dit, c’était pas non plus fifou, niveau amusement de la jeunesse et tout ça. Clarnell Elizabeth Kemper, la fameuse daronne, était assez particulière. Le père d’Edmund, un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale dira ensuite :

🐦 “Les missions suicides en temps de guerre et les essais ultérieurs de la bombe atomique n’étaient rien comparés à la vie avec [Clarnell] ” et qu’elle l’a affecté ” en tant qu’homme adulte bien plus que trois cent quatre-vingt-seize jours et nuits de combat sur le front “.

J’ai presque envie de dire pauvre chaton, c’est pour ça que tu t’es tiré à la première occasion (1957) en laissant tes enfants à cette personne sans trop vouloir t’en occuper ? C’est aussi pour ça que quand Ed voudra vivre avec toi et ta nouvelle femme, tu vas le jeter et bien lui faire comprendre qu’il n’a pas de figure paternelle dans sa vie ? Mh ?

Oui ok il est mort, il entend pas. Mais merde. Fastoche de se dédouaner de ça. J’ai connu trop de mères (et 3 pères) dans la situation inverse, qui se battaient pour leurs gosses jusqu’à l’épuisement. Il s’est barré parce que sa femme était effectivement la toxicité incarnée et il a pu le faire car c’est le père et que c’est habituel, manifestement, que les pères en aient rien à battre de leur progéniture, excepté lorsqu’il faut faire chier son ex devant le JAF (Juge aux Affaires Familiales, qui gère entres autres les problèmes de garde), c’est une vieille astuce de vie bien connue et bien mortifère.

Je suis dure, sans doute parce que j’ai aussi été abandonnée, mais merde. Jusqu’ici, c’est le troisième daron à pas faire son job correctement en laissant les enfants mofler.

Edmund Emil Kemper II

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Parce que si Edmund Kemper II en a chié, Edmund Kemper III a vécu en enfer, et c’était pas un homme adulte, lui. Et franchement, sa daronne, elle envoie du très lourd genre armoire Lorraine, vaisselle incluse.

Ed Kemper avait une grande et une petite sœur : Susan et Allyn. Susan et Allyn avaient l’avantage d’être des filles et de ne pas ressembler physiquement à leur père. La haine et le ressentiment qu’éprouvait Clarnell s’est ainsi entièrement dirigée vers Ed.

🎯 Là, on s’arrête deux minutes pour parler de l’autre Ed, Ed Gein. Lui aussi avait une mère de type armoire Lorraine, mais il était son préféré entre tous. On a deux Ed qui ont le même modèle de daronne, pas la même éducation (la mère d’Ed Gein ne supportait pas les femmes), mais le même résultat : un homme adulte totalement pété. Dans les deux cas, les pères se sont tirés vite fait en laissant la mère exercer sa toute-puissance sur les enfants.

En gros, on a toujours tort. Je ne dis pas que ces mères étaient des modèles d’exemplarité, bien au contraire, mais cette ressemblance/divergence fait grincer des rouages là haut. Contrairement à ce qu’on peut penser, tous les tueurs en série n’ont pas eu d’enfance abominable et beaucoup ont subi un père tyrannique qui exerçait sa violence sur les autres membres de la famille.

Alors, pourquoi retient-on surtout les biographies maternelles ? Pour la même raison qu’on passe sous silence les violences paternelles : parce que c’est maman, parce que la psychanalyse, parce que le patriarcat qui protège les auteurs d’abus et fustige ou ignore les femmes criminelles.

Clarnell Kemper

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Bienvenue en enfer pour Edmund, donc. Seul avec sa mère et ses sœurs, il est constamment rabaissé et frappé par ces dernières. Sa grande sœur aurait été jusqu’à le pousser sous un train. La famille déménage dans le Montana à un moment, et Ed vit à la cave. Pas assez de place, peur de la “promiscuité”, allez  zou, disparais !

🦇 Cette période, qui aurait duré au minimum 8 mois, a été extrêmement éprouvante pour Ed qui avait entre 8 et 10 ans. Je pense que n’importe quel enfant aurait flippé sa race si on l’avait enfermé à la cave (oui, il était enfermé). Durant cette période, il commencera les jeux macabres avec les poupées de ses sœurs et fera disparaître plusieurs animaux du voisinage.

En 1963, il part pour rejoindre son père à Los Angeles, père qui a refait sa vie et qui ne montre pas un grand intérêt pour son fils qui échouera finalement chez les grand parents paternels (La belle-mère d’Ed Kemper a demandé au paternel de le jeter, et ce fut fait). C’est assez triste car Ed s’est enfui de chez sa mère deux fois pour retrouver son père, père qui s’en débarrasse fissa les deux fois. A mon sens, ce rejet paternel a joué un rôle plus que crucial dans le déclenchement des meurtres.

Parce que les premières victimes d’Ed seront précisément ses grands parents. A l’âge de 15 ans, il les abat tous les deux. Et il mesure déjà 1m93 sur son cliché policier. Sa très grande taille (2m09 une fois adulte, de mémoire) aurait été un facteur de rejet de sa mère, son père faisant plus de 2m. A mon avis, elle aurait trouvé autre chose si Ed avait mesuré 1m62.

🤷‍♀️ Ed, lui, trouvait que sa mère et sa grand-mère paternelle étaient de la même armoire et les haïssait toutes les deux.

Les grands parents, mais jeunes, parce que c’est la seule photo que j’ai pu trouver

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Il est intéressant de noter qu’Ed est précédemment revenu chez sa mère qui venait de se remarier, pendant les vacances d’été. Il vit très mal ce remariage et a même des pulsions criminelles envers son futur-ex-beau-père (qui va lui aussi fuir Clarnell). Hypothèse : le remariage de sa mère enterre définitivement tout espoir de réconciliation de ses parents. Là, il sait que c’est mort de chez mort. Je ne suggère ça que parce que je suis fille de parents divorcés et que j’ai ressenti la même chose lorsque j’ai compris que mon père ne reviendrait plus nous voir en voyant ma mère entamer une autre relation. J’ai vécu ça de manière assez brutale et j’ai peu de difficultés à imaginer ce que ça a dû être pour Ed. Sa grand-mère paternelle, chez qui il retourne ensuite, constate que son humeur est devenue très maussade et sinistre. Encore plus que d’habitude, quoi.

J’ai vraiment l’impression qu’Ed Kemper voulait se libérer de sa mère, puis de ses grands parents. Quelque part, la perspective de la prison (il s’est rendu tout de suite) devait être plus rassurante que le chaos total de sa vie. C’est un peu ce qui ressort des entretiens de lui en prison : la routine et la sécurité l’apaisent, quelque part. Il n’ira pas en prison, cependant : diagnostiqué schizophrène paranoïde, il passera 6 ans à l’unité psychiatrique de l’hôpital d’Atascadero qui est notée 3,5/5 sur Google.

⭐ Un type précise :

🐦 “Ce n’est pas à cet endroit que Terminator 2 a été filmé. Le film a été tourné à la fois au CSU Channel Islands (extérieur) et au Lake View Medical center (intérieur) dans la vallée de San Fernando, qui était un ancien hôpital d’État. Les gens sont confus parce que le nom de l’hôpital est Pescadero State Hospital dans le film (ce qui ressemble à Atascadero, sauf si c’était une ville pour les poissons). L’intérieur et l’extérieur ne ressemblent même pas à l’Atascadero State Hospital. Ce n’est même pas sur la liste IMDB ou sur les notes de production.”

Voilà. Nous sachons.

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On en est au moment où Ed Kemper est à l’hôpital, suite au meurtre de ses grands-parents. Nous sommes en 1964 et c’est l’un des plus jeunes pensionnaires. C’est à ce moment qu’on découvre qu’il a un QI entre 136 et 145 selon les sources. Enfin, je ne sais pas si on l’a testé à ce moment exact, mais il a commencé à faire preuve d’une grande intelligence et à apprendre la psychologie du crime via ses codétenus. Il fut même mandaté pour faire passer des tests psychologiques à des patients. Mettre tout ce savoir dans de telles mains était une très très très très très mauvaise idée. Genre beaucoup. En échangeant avec ses codétenus, il apprend un peu les ficelles du métier et les erreurs qui envoient en prison. Surtout, il répond tout bien aux questionnaires, oui oui, et on le laisse sortir au bout de 5 ans.

🚗 L’anecdote des enfers c’est le moment de 1972 où il se rend à une consultation de suivi visant à effacer son casier judiciaire avec une partie de victime dans son coffre. Et on a effacé son casier.
Le masque de normalité est très impressionnant, chez Kemper. Il réussit à s’intégrer, à travailler, à relationner tout en entretenant des fantasmes morbides.

🐦 “Si j’avais ignoré le passé de cet homme, je dirais que je me trouve face à un jeune homme intelligent, équilibré et qui ne manque pas d’esprit d’initiative. Bref, quelqu’un dépourvu de troubles psychiatriques (…) En fait, l’adolescent de 15 ans qui a commis cet acte atroce et le jeune homme de 23 ans que j’ai rencontré dans mon cabinet sont deux personnes totalement différentes (…) Cela prouve l’efficacité du traitement qu’il a reçu à Atascadero ; d’un point de vue psychiatrique, Edmund Emil Kemper ne représente aucun danger pour lui-même ou la société.”
(rapport d’un des psychiatres qui ont demandé que le casier judiciaire de Kemper soit effacé. Kemper avait déjà tué Mary Ann Pesce, Anita Luchessa et Aiko Koo, à ce moment-là.)

Ed sort en 1969 et là, le monde a changé. Il a 21 ans et est très conservateur, il sort d’un établissement de type pénitentiaire avec ses règles, ses usages et son autorité. La vague hippie le fait grave bader : c’est quoi tous ces jeunes, là, qui font leur vie en disant non à la guerre ? Le monde a changé sans lui, et il est perdu.

Une des conditions de sa libération conditionnelle est qu’il soit confié à la garde de son père. Et, oh, surprise, le daron s’est volatilisé (le énième coup de poignard), alors on fait quoi, de ce jeune à surveiller ? Et bien on le renvoie chez maman, évidemment. Pour que ça se passe bien, tu vois ? Peu importe que les psychiatres aient donné ce seul et unique veto : “pas chez sa mère, le plus loin possible de sa mère, on déconne pas stp”, on le renvoie chez sa daronne. NOR-MAL

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Oui, évidemment, ça se passe très mal. Si mère et fils s’étaient réconcilié-es on parlerait d’une comédie musicale qui se termine bien, pas d’un tueur en série effroyable.

Le truc, c’est que Ed n’a plus 10 ans, sa mère lui fait beaucoup moins peur qu’avant et il en a vu d’autres en institution. Alors, il se défend verbalement. Elle se redéfend. Et ça donne du tapage nocturne d’anthologie.

🍻 Ed découvre aussi le “Jury Bar”, le bar des forces de l’ordre du secteur. Il devient rapidement un habitué et on verra souvent “Big Ed” parler boutique avec ceux qui l’arrêteront plus tard. Malheureusement, le rêve d’Ed de devenir policier s’effondre quand on lui annonce qu’il est trop grand et massif pour intégrer la police. Fun fact : plusieurs tueurs en série ou tueurs tout court ont rêvé de faire partie, ou fait partie de la police. Marrant, non ? Non, ok, c’est pas marrant. 1312 cependant.

Finalement, il trouve un emploi inintéressant qui lui permet de se prendre un appartement. Sa mère l’appelle régulièrement. Pour le critiquer et l’insulter.

C’est à ce moment-là qu’il commence à prendre des auto-stoppeuses. Sans rien leur faire, au départ, car il veut avoir toutes les cartes en main : les bonnes personnes, le véhicule modifié, le bon endroit, la bonne arme, en gros, le contrôle total de la situation. Il apprend à poser les bonnes questions et la gestuelle qui va bien durant près d’un an avant de se lancer.

On est pas là pour décrire les crimes, on va juste dire qu’en mai 1972, il passe à l’acte pour la première fois et assassine deux jeunes femmes (Mary Ann Pesce et Anita Luchese). En septembre, une autre victime (Aiko Koo).

Suite à un accident du travail, il perd son travail et retourne chez maman…

En janvier 1973, il fait une quatrième victime (Cinthia Schall). En février, Rosalind Thorpe et Alice Liu sont elles aussi victimes d’Ed Kemper.

Chacune de ces victimes est l’archétype de “l’étudiante de bonne famille” dont sa mère lui rabâche les oreilles : il ne les mérite pas, il n’est pas assez bien pour ce genre de femmes parce que c’est un minable, comme son père.

Les 6 étudiantes victimes de Kemper

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En avril 1973, il tue sa mère et assassine Sara Hallett, une de ses amies, pour pouvoir dire qu’elles étaient parties toutes les deux en virée, ce qui est ingénieux.

👉 Je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qui se serait passé s’il avait tué sa mère en premier. Est-ce que ça aurait épargné d’autres victimes de substitution ? J’en sais rien. Selon le psychiatre qui l’a expertisé, le Dr Donald Lunde, “Sa mère assassinée, il ne ressent plus le besoin de tuer à nouveau”.

Puis il fuit, le plus loin possible, avant d’appeler la police (qui crut à une blague)(deux fois) pour se dénoncer.

Là aussi, c’est intéressant. Il se dénonce après avoir tué ses grands-parents, il se dénonce après avoir tué sa mère. C’est comme si, une fois libéré délivré, il n’avait plus d’objectif. Les 6 étudiantes auraient pu totalement passer à l’as, mais il a TOUT avoué. Je passe les détails au sujet des actes commis sur sa mère, mais elle est la victime la plus “abîmée” de toutes. Mais, une fois qu’on a tué maman, on fait quoi ?

Ed ne peut pas voir son père, il ne peut pas être policier, il a perdu son boulot et est venu à bout de “son plus gros problème”. Je pense qu’à ce moment-là, il se sent vide. Il n’a plus de dette affective, il a renoncé à beaucoup de choses dont des études supérieures qui lui auraient pourtant réussi. Y’a plus rien, derrière. La prison lui semble peut-être un lieu reposant.

⛓ C’est en tout cas une part du récit des criminels récidivistes : la prison est un endroit cadrant. On y a des horaires strictes, des consignes strictes, tout pour ne pas penser par soi-même. J’ai pu parler à des personnes qui ont fait de la prison au cours de mes pérégrinations, c’est assez surprenant pour moi, mais la prison n’est pas qu’un lieu de sévices. Bon, c’est quand même beaucoup un lieu de sévices. Juste…les règles, l’ordre, c’est très rassurant.

🤔 Je rapproche ça du cadrage pour les enfants. Un enfant sans aucun cadre aura plus facilement des tendances anxieuses car on ne le guide pas. Je suis plutôt “laxiste” dans la vie mais j’ai toujours veillé à ce que mon fils ait ces règles de vie en tête. Et plus je l’ai cadré, plus il a été zen, l’inverse étant vrai aussi : moins de règles, plus d’angoisse. Trop de rigidité, en revanche, donne plus d’explosivité car on a un besoin de tester les limites, et si on passe notre temps à avoir des limites partout, on crise à l’infini. Je parle de ma propre expérience, évidemment que tous les gosses sont pas fait sur le modèle du mien, sinon ce serait la fin de toute forme de vie sur Terre. Mais le coup du cadrage, c’est une étape quasi obligatoire en parentalité. Dans TOUS les cas, la question se pose à un moment ou à un autre.

Ed Kemper, lui, se porte bien en prison. Il est dans son élément, on pense pour lui tout en le trouvant effrayant au vu des actes ignobles qu’il a pu commettre. Il s’est fait sa petite notoriété et si il pouvait toucher des royalties, il aurait racheté la prison dans son ensemble tellement la hype est haute (sur ses portraits à 25 ans en tout cas, je doute que sa tête de papi fasse rêver).

Sara Hallett

 

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Maintenant, la question que je me pose c’est : et la daronne à Ed Kemper ?

J’ai tendance à être bienveillante envers les femmes, mais elle fait partie de ma liste de mauvaises personnes. Au moins deux de ses divorces comportent des mentions de cruauté mentale et je n’ai aucune difficulté à envisager qu’elle ait pu être une humaine abominable. Pour autant…elle ne méritait pas cette fin. Personne ne mérite ce genre de mort.

J’ai aussi beaucoup de peine pour Ed-enfant. Il a été exclu, balloté de foyer en foyer, jamais vraiment aimé et systématiquement rejeté (par son père, sa mère, ses sœurs, l’école, les femmes, la société, la police, son travail…). Seule sa mère l’a accueillie lorsqu’il en a eu besoin et c’est assez cruel. Pourquoi continuer de le harceler au téléphone lorsqu’il vit enfin seul ? Le coup du père qui disparaît après le meurtre de ses parents, ça a dû être un choc immense. Je comprends que le daron se soit fait la valoche, mais merde.

J’en suis pas non plus à l’empathie, au vu des crimes. Je sais également qu’on se base sur son propre récit des faits et j’ai un père manipulateur qui m’a souvent fait pleurer sur son sort. Le récit que l’on a n’est sans doute pas fidèle à la réalité et beaucoup d’éléments ont pu être ajoutés au fil du temps.

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😈 Le côté mère tyrannique est aussi présent chez Ed Gein (et bien d’autres) et on oublie pas mal souvent que ces enfants ne sont pas venus là par l’Immaculée Conception. Ces femmes, aussi détestables soient-elles, étaient victimes de leur époque. Elever seule 3 enfants dans les années 60/70, dans le cas de Kemper, c’était pas très simple, non. Ce n’est évidemment pas une raison pour maltraiter ses enfants, plein d’enfants nés en 1948 ne l’ont jamais été.

Beaucoup de ces femmes ont été bercées à la Bible, également, donc dans une ambiance “femme impure” avec toute la complexité existentielles que la vie peut générer. Les femmes sont impures lorsqu’elles ont des enfants : contrairement aux règles ou aux relations sexuelles, les enfants, on les voit et on les entend. C’est le résultat d’une transgression, mais la maternité mariée transforme la femme en Mère, alors on va dire que ça va. Par contre, les autres doivent pas coucher, hein ? Toi, tu sais que tu es une Mère Digne et Respectable, mais les autres, là, dans le doute, succubes venues des Enfers, bim.

Comment tu veux gérer ta vie de femme en étant accrochée à la religion telle une moule à son rocher  ? On a masse de contradictions, dans ce bouquin. Genre faut pas tuer, tu vois, mais dans 128 chapitres on t’explique comment bien lapider une femme adultère. On te dit qu’il faut aimer ton prochain mais aussi qu’il est dangereux de faire confiance car le Diable est partout.

MEH

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D’un autre côté, la vision de la masculinité est elle aussi totalement pétée. Ed Kemper était sans cesse comparé à son père, un “salaud”. Le père s’autoexclut, Ed en fera autant. Quand à l’image qu’il en a, elle est elle aussi très complexe. Le père “héros”, vétéran et tout le tralala, mais aussi le père “faible” qui fuit sa femme. On retrouve cette nécessité de domination masculine dans les crimes de Kemper. La toute-puissance ne peut s’exprimer autrement, chez lui.

👻 Un autre détail est frappant : Ed allait se marier lorsqu’il s’est dénoncé la seconde fois. Il avait donc une relation stable avec une femme qu’il estimait suffisamment pour (selon ses dires) lui épargner d’être mariée à un criminel en série. Il n’a pas été rapporté de violences ou d’agressivité dans leur couple et cette apparente banalité est tout à fait terrifiante.

L’ambivalence dans la vision des femmes, des rôles genrés et de la parentalité est flagrante, dans le cas Kemper. Comment gérer de telles contradictions ? Perso, j’en sais rien, mais Edmund Emil Kemper III, lui, a choisi de tuer.

 

En savoir plus :
Sur Wikipedia
Sur le site tueursenserie.org
(EN) Sur un autre site avec plein d’archives