70/30, le gaslight de l’IFOP
Bon.
On va poser les chiffres de l’IFOP qui sont sortis hier, et ensuite on en parle.
— LE SONDAGE —
Au premier tour, dans l’hypothèse d’un bloc central divisé, Marine Le Pen et Jordan Bardella survolent les débats entre 32% et 35%.
Derrière, Jean-Luc Mélenchon se maintient à 13-15%, suivi de très près par Édouard Philippe à 14%, Raphaël Glucksmann entre 10% et 12%, et Gabriel Attal qui plafonne à 9%. La droite de Laurent Wauquiez ferme la marche avec un petit 5 à 7%, tandis que le reste des forces de gauche ramasse les miettes, cumulant péniblement 3% à 5%.
Et pour le second tour, le scénario catastrophe est écrit d’avance : l’IFOP nous annonce une victoire écrasante de Le Pen à 70% contre 30% face à Mélenchon, et un duel beaucoup plus serré mais toujours perdant pour le centre, avec 54 à 55% pour le RN face à Édouard Philippe ou Gabriel Attal.
— LE PAS DE PANIQUE —
Là, normalement, c’est l’effarement. Un peu de panique, mélangée à de la gerbe. Une pure attaque de type PSY (les amateur-ices de Pokémon apprécieront). Même si LFI a déjà créé « la surprise » plusieurs fois, notre premier geste en tant que Bisounours est de nous rouler en boule sous la table pour chouiner un peu.
Déjà, les sondages représentent un instantané. Ici, au lendemain du retour de l’immondice. On peut « comprendre » une certaine euphorie chez toute une f(r)ange de la population qui se sent pousser des ailes. Une exposition médiatique massive biaise les intentions. On ne parle que de l’enflure, les médias jouant volontiers le jeu.
— LA MÉTHODOLOGIE —
Les sondages sont essentiellement auto-administrés en ligne. On a, tout comme dans les commentaires de France Info, une surreprésentation de droite, pour ne pas parler de bots russes (je croyais que c’étaient LFI les pro-russes, mais on n’est pas à une contradiction près).
On a ensuite ce qu’on appelle les « redressements politiques »
Sur 1 000 internautes interrogés, admettons que 45% votent Le Pen, ou seulement 5% votent Mélenchon. L’institut corrige ces chiffres en fonction des votes passés et de ce qu’il estime être la « participation réelle ».
Si l’IFOP estime que l’électorat RN va voter massivement tandis que les autres s’abstiennent, les stats sont modifiées en conséquence.
N’oublions pas non plus les marges d’erreur qui sont souvent exploitées afin de modifier les résultats.
— LES CONFLITS D’INTÉRÊTS —
Pour finir, les conflits d’intérêts entre l’IFOP et le monde de la finance qui a tout intérêt à décourager chaque velléité gauchiste.
Je rappelle que Laurence Fucking Parisot (ancienne boss du MEDEF) est celle qui possédait et dirigeait initialement cet institut, avant de le revendre à la famille Dentressangle en 2016 qui l’a revendu au LFPI en 2022. MEDEF > grande famille > finance spéculative.
Mais alors, Jeanny, c’est quoi le LFPI ? (Attention copié collé, j’ai pas le temps pour ces conneries)
« Le groupe LFPI (La Financière Patrimoniale d’Investissement) est un acteur financier. C’est un gestionnaire d’actifs alternatifs privé et indépendant qui gère des milliards d’euros (notamment via sa filiale Meeschaert) dans l’immobilier, la gestion privée et le capital-investissement. »
Et on sait bien que, quitte à choisir entre le péril rouge et le péril brun, les financiers n’ont plus une once d’éthique. Ici, le RENDEMENT prime sur le reste. Si l’institut n’affiche évidemment pas de couleur politique, c’est qu’il est ni de gauche ni de droite, et donc de droite.
Il n’ont aucun, strictement aucun intérêt à représenter une gauche, surtout mélenchonniste, en position de pouvoir. Je me rappelle ces échos des tanks russes sur les Champs Elysées lors de l’élection de Mitterrand en 1981. Panique dans les banques, panique chez les riches, peur sur la ville. Tout ça pour trahir en 1983. Mais c’est une autre histoire.
— ON S’ARRÊTE ET ON RESPIRE —
Il s’agit d’un instantané porté par un effet de loupe lié à l’actualité dans un monde médiatique unipolaire et une société plus divisée que jamais.
Le but n’est même pas forcément de porter la sangsue au pouvoir, un candidat centriste suffira. Et c’est là tout l’enjeu : créer suffisamment de peur et de réactance pour faire en sorte que les voix repartent au centre.
C’est pas la première fois qu’on nous fait le coup, c’est pas non plus la dernière. Donc on se calme (je me parle à moi-même aussi, là, j’ai vu ça hier je me suis étouffée), on respire et on milite.
Pas la peine de perdre son temps avec les droitard-es. Ces gens ne méritent pas une seconde de ton temps.
Ce sont les personnes indécises, les abstentionnistes, qu’il faut convaincre de voter.
Pas forcément en leur faisant peur avec ces chiffres à la con. Mais en leur rappelant que LA SOLUTION PARFAITE N’EXISTE PAS. Aucune candidature ne conviendra à tout le monde. La moins pire reste la moins dégueulasse, alors on se sort les doigts et on va voter.
Rappelons-nous qui est en cheville avec la finance. Qui est en coalition avec les médias. Et que c’est pas parce que t’aimes pas UNE personne de LFI que ça discrédite toute l’équipe.
Soyons plus fort-es, meilleur-es que nos biais. Faut penser concrètement, pratiquement, maintenant.
La pureté militante attendra, car le Grand Soir ne viendra pas.




