Heure de réveil : 4h17 (chankylose)

Meeeeeeeeeeeh.

Je cherche un truc feelgood ce matin, et tout ce qui me vient c’est la question existentielle qui m’a occupée hier sur le balcon :

Quelles chansons as-tu appris en cours de musique au collège ?

🙄 J’ai eu l’ineffable Yves Duteil qui prend un enfant par la main, Françoise Hardy avec les gars les filles de son âge, chanson que j’ai eue quelques minutes dans la tête avant de me demandait d’où je tenais ça et d’embrayer sur Tous les cris les SOS partent dans la mer, dans l’eau laisssssent une trassssssse…

Attends :

🍾 Tous les cris les S.O.S ⚠
🍾 Partent dans les airs (pourquoi les airs ?) 🌬
🍾 Dans l’eau laissent une trace (passe encore)
🍾 Dont les écumes font la beauté (???)
🍾 Pris dans leur vaisseau de verre (cette image est légitime)
🍾 Les messages luttent (ce sont des objets et je suis hermétique au symbolisme)
🍾 Mais les vagues les ramènent (Si elles les ramènent à l’émetteur, j’avoue, c’est con)
🍾 En pierres d’étoile sur les rochers (En fait on est dans Animal Crossing, tout s’explique)
🤔

J’ai pas la tête câblée pour la poésie en fait. Je comprends les métaphores et tout le truc, mais en seconde intention, en faisant un effort d’abstraction. Moi, Balavoine, j’ai rien contre lui, en plus il est mort, le pauvre.

C’est sans doute pour ça que j’ai énormément de mal à supporter la chanson française : en anglais, je ne percute pas toujours les paroles (et souvent c’est de l’instrumental) et visiblement ça fait toute la différence.

Je ne fais pas de Balavoine-Bashing, je dis que j’arrive pas à apprécier la poésie. Si ça se trouve rien n’était pareil en 1985, ché pas.

Non mais voilà :

☕ Et j’ai ramassé les bouts de verre (jusqu’ici, tout va bien)
☕ J’ai recollé tous les morceaux (cet homme est patient, c’est une qualité)
☕ Tout était clair comme de l’eau (pas avec la colle, non, en plus on en fout partout, ou alors il parle du message “clair comme de l’eau” ? Non parce que recoller la bouteille sans lire le message, c’est dommage.)
☕ Contre le passé y a rien à faire (no shit, Sherlock ?)
☕ Il faudrait changer les héros (ou ne pas en avoir)
☕ Dans un monde où le plus beau (le quoi ?)
☕ Reste à faire (je suis au regret de t’annoncer que le bref espoir des élections de 1981 a fini par faire place à Manu et ses ministres de la honte, c’est un peu foiré, les chansons qui changent le monde)

☕ Et je cours (moi, non)
☕ Je me raccroche à la vie (nope)
☕ Je me saoule avec le bruit (ça dépend)
☕ Des corps qui m’entourent (corps c’est au sens large, si ça se trouve il parle d’un corps d’orchestre, on sait pas)
☕ Comme des lianes nouées de tresses (hein ? “en” tresses pourquoi pas, mais “de” tresses ?)
☕ Sans comprendre la détresse (haaaaaa c’était pour la rime, ok, ok)
☕ Des mots que j’envoie (hé ouais on est nombreuxses dans ce cas là)

Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs…

😱 “Han tu comprends rien, t’apprécie pas les paroles, tu défigure cette œuvre monumentale (page 192 du Diapason Rouge) qui a marqué tant de cours de chant !”

Ouais. Je peux pas gérer la première réponse de mon cerveau, décrite ci-dessus. Ma vie est bien triste. Ou pas. Enfin si, là c’est pas la joie en ce moment, ça n’aura pas échappé à tes yeux aiguisés comme des couteaux, pointus comme des lames et puissants comme des fusils d’assaut…

🦞🦞🦞

Françoise Hardy et l’hétérocisnormativité, hein ?

“En 1963, Françoise Hardy déclare à propos de la naissance de ses chansons : « Lorsqu’une idée me poursuit, qui me parait ne pas avoir été exploitée, Tous les garçons et les filles par exemple, le thème de la solitude à la Musset, elle vient toute seule sur le papier ». En 2000, elle l’évoque à nouveau comme source d’inspiration. « Je ne suis absolument pas attirée par ce qui est gai. En fait, ce que je recherche, c’est la beauté. La beauté en art provient souvent de la tristesse. Comme disait Alfred de Musset : Les plus désespérés sont les chants les plus beaux » (citation du poème La nuit de mai).”

“Je ne suis absolument pas attirée par ce qui est gai”
On l’a bien vu, Françoise, on l’a bien vu tkt.

💔 Tous les garçons et les filles de mon âge (elle a 18 ans au moment de la chanson)
💔 Se promènent dans la rue deux par deux (c’est plus facile pour les capturer ou les abattre)
💔 Tous les garçons et les filles de mon âge (oui j’ai bien compris que tu étais hétéro)
💔 Savent bien ce que c’est qu’être heureux (*insérer ici immense fou-rire nerveux que je vient de me payer*)
💔 Et les yeux dans les yeux et la main dans la main (le nombre de détournements possibles de cette phrase…)
💔 Ils s’en vont amoureux sans peur du lendemain (la chanson est sortie en 1962, si ça se trouve c’était vivable en 62 on sait pas)
💔 Oui mais moi, je vais seule par les rues, l’âme en peine (là je la visualise déguisée en fantôme, sous un drap blanc, avec des trous pour les yeux)
💔 Oui mais moi, je vais seule, car personne ne m’aime (oui enfin arrête de chouiner que personne ne t’aime, stp, ça m’est réservé)

💔 Mes jours comme mes nuits sont en tous points pareils (si tes jours sont pareils à tes nuits, effectivement, t’as un souci)(attends de bosser à la COGIP avant de dire que chaque jour est pareil, btw)
💔 Sans joies et pleins d’ennui personne ne murmure “je t’aime” (et ouais)
💔A mon oreille (bah oui si t’es seule)

Sur demande, je peux massacrer les paroles d’à peu près chaque texte que je trouve, c’est un talent caché. C’est curieux car je ne manque pas d’abstraction, je fais des images et des métaphores (et là je me dis “oui hier j’ai raté deux tableaux, je fais des images, cette référence est valide”) mais il y a très très très très très peu de textes qui touchent mon cœur sec et racorni.


🐳🐳🐳

J’ai fait L et j’étais même assez douée en analyse de texte, mais je procédais toujours de la même manière : prendre la chose littéralement et laisser filer l’idée jusqu’à ce que ça fasse sens.

J’ai même jamais supporté (instant confession) les mecs qui disent “hon hon hon fait un Bac Littéraire ça sert à rien, vos analyses de textes sont toutes moisies, vous faites dire aux morts ce qu’ils ne veulent pas dire qu’on saura jamais”. Les analyses de texte, c’est important, merde 😡. Moi, ça me permet de comprendre le monde.

👉 L’auteurice ne veut jamais dire directement (littéralement) tous les mots. La syntaxe, la construction des paragraphes, le contexte personnel et géopolitique de l’époque, l’éventuelle volonté politique ou philosophique ou la sonorité du mot, de la phrase, sont un peu tout le secret qui fait que Victor Hugo est canné, ouais, mais il vend toujours. Il dit beaucoup plus que ses mots et c’est ça que Marc Lévy et les autres n’ont absolument pas compris.

😿 Oui, je me suis infligé un Marc Lévy, un Guillaume Musso et la trilogie animalière de Katerine Pancol pour en faire 3 articles “fiche de lecture”, je te file les liens si tu veux, ça m’a pas mal amusée. C’était tellement chiant à lire…bon, au moins en 2h c’est plié, pause dej incluse, et ça doit faire de bons cales-portes. Même pas. Pas assez de pages. Collés ensemble ?
Voilà, je veux un cale porte (alors que j’ai aucune porte à caler) fait en romans de merde.

Pour autant, à chaque fois, à CHAQUE fois, j’ai une première lecture littérale (mon cerveau fait les liens dans un second temps et ça va assez vite donc ça ne ralentit pas mon rythme de lecture qui est assez rapide).
Sur les romans, ça passe, comme dit dans la parenthèse inutile ci-dessus.
Mais la poésie, ça file une dose de cringe des enfers, pour moi.
Écouter, des paroles, encore, bon, j’ai la musique pour aller avec et je ne saisis pas tous les mots. Mais lire de la poésie, sauf très très rares exceptions (Desnos, Prévert, Queneau ça va), c’est assez difficile car je me pose 100 000 questions dont les réponses sont bien plus évidentes au format 800 pages. Alors lire des paroles de la variété française entre 1960 et ce jour, comment expliquer mon désarroi…

Je sors très rapidement de la poésie, si le truc offre prise à une seule question c’est mort, je sors du texte.

🐋 En revanche, Ionesco, l’absurde, aucun souci, parce que c’est pas suggéré : c’est directement totalement fou et là, mon esprit switche en mode “tout est possible”.


🐬🐬🐬

Ça explique sans aucun doute mon cringe persistant avec la chanson française et les morceaux avec des paroles en général. Parfois, sur un morceau de 7 mn, 2 lignes de textes vont me massacrer la chanson.

Mais alors YVES DUTEIL mein gott j’ai le gyrophare “alerte enlèvement” qui s’allume. TOUT peut être détourné par des préados en cours de musique, dans cette chanson, TOUT. Quand j’avais 13 ans on faisait déjà des “blagues” sur les curés et évidemment tout était sexuel.

La prof de musique s’énervait pas mal sur cette chanson parce que les boulets au fond de la classe envoyaient des paroles moins gentillettes et donc tout le monde se marrait. Trop drôle, la pédocriminalité, je sais. J’avais pas encore reçu la Lumière Wokiste en pleine gueule un samedi matin à 6h.

🧸 Prendre un enfant dans ses bras
🧸 Et pour la première fois
🧸 Sécher ses larmes en étouffant de joie (WUT ? T’es content quand ton gosse pleure ? Mais t’es qui ?)
🧸 Prendre un enfant dans ses bras

🧸 Prendre un enfant par le cœur (ouhlà, ça devient gore)
🧸 Pour soulager ses malheurs (ah bah si tu le prends par le cœur t’inquiètes qu’il va pas souffrir longtemps, le loupiot)
🧸 Tout doucement, sans parler, sans pudeur (mmmmmh)
🧸 Prendre un enfant sur son cœur (ok là je comprends)

🧸 Prendre un enfant dans ses bras
🧸 Mais pour la première fois
🧸 Verser des larmes en étouffant sa joie
🧸 Prendre un enfant contre soi
(Si c’est pas pure flemme, ce paragraphe, je sais pas ce qu’il te faut)(Au moins, c’est écolo)

🧸 Prendre un enfant par la main
🧸 Et lui chanter des refrains
🧸 Pour qu’il s’endorme à la tombée du jour (en été c’est compliqué)
🧸 Prendre un enfant par l’amour 🤦‍♀️(comment tu veux que ça soit pas détourné, sans déconner ?)

🧸 Prendre un enfant comme il vient
🧸 Et consoler ses chagrins
🧸 Vivre sa vie des années, puis soudain (“Mais je vous jure, elle était pas enceinte et d’un coup, pouf pouf, un bébé, je n’ai rien remarqué d’anormal !”)
🧸 Prendre un enfant par la main

🧸 En regardant tout au bout du chemin (la mort, il parle de la mort)
🧸 Prendre un enfant pour le sien
(🚨 ALERTE ENLEVEMENT ALERTE ALERTE ALERTE ENLEVEMENT🚨)

Ce qui se veut sans doute être une chanson sur la paternité (être un homme libéré tu sais c’est pas si facile) mais meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde comment tu veux pas penser forcément à tous les doubles sens du truc ?

Non, mais voilà, les maquettistes aident pas, non plus…

🚨🚨🚨

En revanche, “C’est une maison bleue” de Maxime le Forestier ou “Le Sud” de Nino Ferrer font toujours monter en moi pas mal d’émotion (je pleure quasi assurément sur la seconde, elle est reliée à un trauma assez profond)

☀ C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane
☀ A l’Italie
☀ Il y a du linge étendu sur la terrasse
☀ Et c’est joli

refrain :
☀ On dirait le Sud (si tu veux)
☀ Le temps dure longtemps (oui)
☀ Et la vie sûrement (tout est relatif donc oui)
☀ Plus d’un million d’années (techniquement correct)
☀ Et toujours en été (on comprends que tu parles de vacances donc ça colle)

☀ Il y a plein d’enfants qui se roulent sur la pelouse (plausible)
☀ Il y a plein de chiens (plausible aussi)
☀ Il y a même un chat, une tortue, des poissons rouges (ok)
☀ Il ne manque rien (si tu es bien c’est l’essentiel)

[refrain]

☀ Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre (oui)
☀ On le sait bien (oui)
☀ On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire (vrai)
☀ On dit c’est le destin (et c’est con)

☀ Tant pis pour le Sud
☀ C’était pourtant bien
☀ On aurait pu vivre
☀ Plus d’un million d’années (alors là je dis non, sauf si tu parles au niveau moléculaire)

☀ Et toujours en été.

Voilà, là ça va, c’est pas prise de tête, la musique qui accompagne est bien, les paroles ne sont pas circonvolutées, le sentiment de fin de vacances et le sous texte de “fin du monde” sont accessibles, mon esprit peut accepter ce texte (mais après il me fait chialer donc on va pas faire ça).


⚡⚡⚡

C’est là que je réalise un rêve d’enfant, anihiler CETTE chanson :

Hugues Aufray (ne par confondre avec l’autre auteur prétentieux qui pond des textes au kilomètre dont le prénom est Michel)

🙍‍♀️ Dis-moi, Céline, les années ont passé
🙍‍♀️ Pourquoi n’as-tu jamais pensé à te marier?
🙍‍♀️ De toutes mes sœurs qui vivaient ici
🙍‍♀️ Tu es la seule sans mari
(ça commence tellement bien, cette chanson)

refrain :
🙄 Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
🙄 Tu as, tu as toujours de beaux yeux
🙄 Ne rougis pas, non, ne rougis pas
🤢 Tu aurais pu rendre un homme heureux
(hey, Céline, tu peux encore pécho, allez)

🤦‍♀️ Dis-moi, Céline, toi qui es notre aînée
🤦‍♀️ Toi qui fus notre mère, toi qui l’as remplacée
🤦‍♀️ N’as-tu vécu pour nous autrefois
🤦‍♀️ Que sans jamais penser à toi?
(image de la mère sacrificielle/20)

[refrain]

🤔 Dis-moi, Céline, qu’est il donc devenu
🤔 Ce gentil fiancé qu’on n’a jamais revu?
😬 Est-ce pour ne pas nous abandonner
😬 Que tu l’as laissé s’en aller?
(Je………ce gentil fiancé ? Comment tu sais qu’il était gentil ? Tu crois que les mecs se dévoilent au premier rencard ? Non, ils attendent d’avoir piégé la femme par une grossesse ou un mariage avant de cogner. Si on a jamais revu le financé c’est que Céline a de la jugeotte et qu’elle fait bien ce qu’elle veut de son cul, merde, merde, merde, te laisse pas faire !)
(en général, enfant, c’est là que je décrochais et que je m’énervais)

[refrain]

😪 Mais non, Céline, ta vie n’est pas perdue
😪 Nous sommes les enfants que tu n’as jamais eus
😪 Il y a longtemps que je le savais
😪 Et je ne l’oublierai jamais
(“La vie des femmes est perdue si elles n’ont pas d’enfant, mais si elles élèvent des petits pas à elles, elles gagnent un lot de consolation quand même 🥉)

😵 Ne pleure pas, non, ne pleure pas
😵 Tu as toujours les yeux d’autrefois
😵 Ne pleure pas, non, ne pleure pas
😵 Nous resterons toujours près de toi
😵 Nous resterons toujours près de toi
(Merde, la menaaaaace “on restera là, tkt, on te demandera de l’aide pour faire les ourlets des rideaux et garder nos enfants à nous quand on en aura besoin, on ira manger chez toi le dimanche alors que tu voulais juste mater Derrick tranquillement et on te chantera cette chanson de merde jusqu’à ce que tu en crève, alors, on est pas bien, là, ensemble A TOUT JAMAIS ?”)


😰😰😰

Hugues Aufray a le même genre d’orientation politique que Michel Onfray. Coïncidence ?

Wikipedia :
🐦 “Hugues Jean-Marie Auffray est le troisième fils de l’industriel Henry Auffray (lui-même fils de Jules Auffray) et d’Amyelle de Caubios d’Andiran (1898-1992). Il est le frère du physicien Jean-Paul Auffray (né en 1926), de l’actrice Pascale Audret (1935-2000) et l’oncle de l’actrice Julie Dreyfus. Il a également eu un autre frère, Francesco (1928-1955), chanteur classique, dont le suicide à l’âge de 27 ans l’a profondément marqué. Quand les parents d’Hugues Aufray divorcent, la famille quitte Paris pour Sorèze dans le Tarn, terre de leurs aïeux, où il est élevé par sa mère. Pendant la guerre, il est élève (1941-1945) au collège de Sorèze, chez les dominicains.” 🐦

🤩 Un gros gros gauchiste, quoi.

Cette chanson est juste monstrueuse, oui 😑. Validation du couple hétéro avec enfant comme seul objectif souhaitable pour une femme qui ne récupère de la dignité qu’en s’occupant de ses frères et sœurs et en sacrifiant sa vie pour euxlles. Parce que quand tu as déjà des enfants dont tu dois t’occuper, tu es exemptée, ça va, t’as le droit de pas te marier et de devenir “vieille fille” parce qu’on ta filé le joker “ha ha maman est morte j’ai pas eu le choix”. Et même là on lui pose des questions. “Ne rougis pas” mais merde 😡 elle fait ce qu’elle veut, elle a donné sa vie à d’autres on va pas en plus remuer le couteau dans la plaie !

Pis si ça se trouve elle avait pas envie d’un autre enfant dépendant d’elle, hein ? Non parce qu’en 1966 les mecs cis étaient sans nul doute encore plus hermétiques aux tâches ménagères qu’en 2022, alors, je sais pas, s’infliger un mec en plus d’enfants qu’on a pas fait ? Ouais, j’aurais pas choisi ça non plus. En plus, les maris, c’est souvent violent, physiquement ou pas.

On sait pas, si ça se trouve Céline avait une vie sexuelle débridée, pire, une vie sexuelle débridée AVEC DES FEMMES, ou alors Céline était asexuelle et/ou aromantique, qu’est-ce que tu viens nous péter les gonades en plaçant ton homme cis sans le nommer au centre de ta chanson ? Elle fait bien ce qu’elle veut de son cul, Céline !


🍨🍨🍨

En gros, tant que tu élèves des gosses, ça passe. Tu peux ne pas te marier parce que tes enfants sans père (oui, d’ailleurs, il est mort, lui aussi, ou il a un taff exigeant en SSII ?) ne signifient pas que tu as perdu ta Précieuse Virginité hors mariage. Tu es toujours pure mais tu es périmée, mais, hey, on viendra taper le gigot le dimanche, t’es contente ?

🤔 Par contre, imagine Céline elle fait ça :

“Hugues Aufray se marie le 18 décembre 1951 avec Hélène Faure, danseuse, petite-fille de l’historien d’art Élie Faure. Le couple a deux filles, Marie (née en 1958) et Charlotte (née en 1961). Sans rompre ce lien familial, il partage sa vie avec une jeune compagne prénommée Muriel, depuis 2005.”

Téléstar nous précise :

“Pour l’état civil, Hugues Aufray est officiellement marié avec Hélène Faure depuis 1951 avec qui il a eu deux filles, Marie et Charlotte : “Je suis toujours marié avec la femme que j’ai connue à 20 ans.” explique-t-il. Mais le chanteur de Santiano a aussi des besoins que son épouse ne semble plus être capable d’assouvir et vit donc une double vie depuis des années : “Ma femme ne peut pas me suivre, raconte-t-il. Je suis un homme normal, avec une activité professionnelle importante et donc, c’est vrai, j’ai une jeune compagne (Muriel, NDLR). Je ne mens ni à l’une ni à l’autre. J’ai la conscience tranquille.” Il faut dire qu’à 87 ans, le Troubadour de la chanson française n’est pas rassasié : “Nos horloges biologiques, entre hommes et femmes, ne sont pas les mêmes. Le Viagra, je ne connais pas!” ajoutait-il.”

🤢 Pardon, c’est nerveux.

Alors, attention, je ne juge pas l’aspect consensuel de la situation de couple/trouple qu’il s’est créé, même si je me demande si Muriel a le droit d’aller se faire du bien avec d’autres personnes.
Et sa femme Hélène, du coup ? Elle est seule, visiblement, elle a le droit de trouver l’amour, elle aussi, ou pas ? Est-ce que j’ai vraiment besoin de poser la question ou c’est plus ou moins clair que ce mec s’est juste choisi une jeune et n’a pas divorcé “pour préserver la cellule familiale de mes deux si viriles et si performantes testicules” ?

Je m’en fous, de sa vie sexuelle ou affective, ça ne me regarde pas et, très franchement, il en faut BEAUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUCOUP PLUS pour me choquer.

☠️ C’est la pure hypocrisie que je relève.

“Le chanteur de Santiano a aussi des besoins que son épouse ne semble plus être capable d’assouvir” AH MAIS LA GERBE !!! 🦖🦖🦖

T’imagine, Françoise Hardy (dont l’image de la fiche Wikipedia la présente à 18 ans, évidemment, on a plus d’âge passé 40 berges) fait le même genre de chanson sur un vieux célibataire ou, pire, annonce qu’elle a troqué son éternel Jacques Dutronc contre un modèle plus jeune ?
Y’a qu’à voir les vannes de (piètre) qualité sur Brigitte Macron pour savoir que nope, ça serait pas la même, en 1966 comme en 2022.


🎼🎼🎼

Dis moi, Étienne,
Les années ont passé,
Pourquoi n’as-tu jamais songé à te marier ?
De tous les enfants qui vivaient ici,
Tu es le seule sans amie.

Non, non, non, ne hurle pas, non, ne hurle pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux t’inquiètes
Ne frappe pas, non, ne frappe pas
Tu aurais fait un mari délicieux (en terrine)

Dis-moi, Étienne, toi qui est notre aîné,
Pourquoi n’as tu pas pu percer le grand secret
De l’aspirateur, de la machine à laver ?
Tu es le seul à ne pas les utiliser

[refrain]

Dis moi, Étienne, qu’est-elle donc devenue,
La gentille fiancée qui n’est jamais revenue ?
A-t-elle compris l’embrouille et préféré se barrer
Plutôt que de gagner d’autres enfants à gérer ?

[refrain]

Mais non, Étienne, ta vie n’est pas perdue,
Il suffit d’y penser, laisse ta vie s’éclairer,
Rejoins le mal, les envies de liberté,
Éduque toi un peu, et tout va bien se passer.

🍪🍪🍪

Tu vois, ça peut le faire avec des corrections ici et là. On pourrait réécrire plein de chansons comme ça.

📕 Bon par contre zéro chance qu’on finisse dans le Diapason Rouge, je te le dis tout de suite. Pauvre Céline.

Quand tu te dis que cette chanson est une des plus célèbres de l’auteur et, encore aujourd’hui, un grand classique des chants-guitare-camp de vacances pour enfants, tu sais qu’on a du boulot.

J’ai entendu cette chanson sans doute au centre aéré. Je me souviens ne pas l’avoir comprise avant mes 12 ou 13 ans, je ne voyais pas le problème de Céline, moi aussi j’ai pas eu de père présent donc c’était pas un “problème” mais la normalité pour moi.

📕 La proto-féministe que je devait être a chopé (et volé) le fameux Diapason Rouge pour lire les paroles. Bah j’ai rendu le bouquin malgré mes tendances kleptomanes.

Je fais la reloue qui n’aime pas les scouts (j’ai d’excellentes raisons pour ça, désolée), mais merde, je sais qu’encore aujourd’hui on fait écouter et apprendre cette chanson dont les problématiques sont tellement nombreuses que je vais devoir passer par dessus le canapé car mon bureau est rempli à raz bord de ces réminiscences putrides.

J’adorerais croire qu’on ne fait plus apprendre ces chansons aux enfants à l’école, mais je n’ai pas une seule once d’espoir là dessus. Ce sont nos “classiques”, notre…

☠️ “Patrimoine culturel” ☠️
(“Stewball”, une belle balade Irlan…Française. Ça parle de la Camargue, sans doute, d’où le nom du cheval)

Le même patrimoine menacé par le multiculturalisme. Bah franchement, allez-y, grandreplacez nos vieux chanteurs svp, j’en peux plus de la glorification de ce qu’on pensait être de la “variété française” et qui devient subitement un Trésor Conservateur et Réactionnaire A Ne Surtout Pas Critiquer. “C’était l’époque qui voulait ça”.

👉 Mais c’est mon époque qui réclame que je dise que c’est de la merde. En 1966 c’était de la merde, en 2022 c’est toujours de la merde mais j’ai le droit de l’écrire.

Et là, il est où, le JDG, avec “je chie sur cette époque” ? Bah il doit bien aimer Hugues Aufray, car on est exactement dans la même vibe. Pardon c’était un tacle gratos 🤫

C’est pas parce que le mec a participé à l’Eurovision en 1964 (Pas le JDG, l’autre) qu’on doit continuer à lui dire qu’il est trop trop cool. 🛹 Il est pas cool, il l’a jamais été. RIEN ne peut justifier sa misogynie crasse, rien.

C’est un fils de, bourré de privilèges, nourri en fils de, avec des opportunités de fils de, qui a fait carrière dans la musique parce que papa avait la thune et les contacts, qui perpétue les clichés catho sans aucune subtilité (sa foi est selon lui “très ardente”). C’est pas une “institution” c’est un mec qui a été privilégié et qui en a profité pour enterrer un peu plus la variété française dans cet espèce de marécage du kitsch imbécile.

PS : sa photo, contrairement à celle de Françoise Hardy, le représente en concert à 80 ans. Allez vous faire foutre (non, pas toi).

Oh moi ? Oui ça va beauuucoup mieux, pourquoi ? 💀