Un des trucs beaux de la vie, c’est quand ce que disent les gens remonte à la surface. Et, toujours, le même problème. Alors on va en parler. Après, j’arrête, parce que j’en ai plein le cul. Juste, dès que mon cerveau s’apaise, je reçois des infos en rab. Ces conneries m’ont occupée beaucoup trop longtemps.

Attention : ce billet comporte un taux de sarcasme d’environ 75% et je ressasse des trucs perso dedans. Donc ne te sens pas obligée de lire, j’en avais juste encore sous le coude mais t’en fais pas, t’en fais pas, on va retourner à un rythme normal bientôt.

FOLKS 👏

Il semblerait que je cherche à monter une ou plusieurs sectes pour asseoir ma domination sur autrui, abuser des personnes financièrement, physiquement, les maltraiter lors de longues séances de rééducation mentale et j’enterre dans la cour les personnes déviant de ma norme.

Je suis la gourou(e ?) d’une secte. Sache-le. Je me comporte en gourou, un gourou ça fait tout ça plus haut, donc je suis un peu perplexe car, rien que financièrement, on y est pas, les gens, va falloir commencer à me filer vos allocs.

Comme ça fait souvent qu’on me reproche ça, je vais y réfléchir à voix haute, parce que j’en ai assez.

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J’en ai plein le cul qu’on projette sur moi ses propres fantasmes malsains.

J’ai mis un très long moment à comprendre pourquoi on me reprochait de heu…heu…attends. Je parle. J’écris. Je dis des trucs parfois intéressants. Faut pas me prendre pour une conne ou je me fâche. Mais y’a un twist. Je le ferais pour dominer autrui. Je ne peux pas avoir une autre motivation que ça. Je suis là pour t’utiliser afin de combler mes failles narcissiques et crois-moi, y’a du boulot.

Je sais que certaines ont pensé, et dit, que je faisais un peu semblant de souffrir de dysmorphophobie pour attirer l’attention. Je fais semblant de me trouver moche pour qu’on me dise que je suis belle. Ouaiche. T’as déjà vu ma gueule quand on me complimentait ou t’étais au marché avec ce petit doigt ?

On me prête aussi un poids que je n’ai pas. Je suis pourtant dans la courbe du “meh” mais quand je parle de mon poids, on me regarde comme si j’en faisais trop. Je suis grande, ça compte pas. Comme si j’avais pas perdu déjà 60 kg suite à de la chirurgie bariatrique. Un léger indice de mon “bien dans mon corps”, que sont ces 4 opérations de chirurgie reconstructrice qui ont détruit mes seins et laissé 1m20 de cicatrices. Je suis tellement bien dans ma peau que j’ai fait tout ça. Aux frais de la sécu, en plus. Merde, même la sécu a capté que c’était pas par pur narcissisme que je repassais sur le billard, et, crois-moi, l’examen de passage est assez rude.

Mais je sais que parfois, on se dit que je fais semblant pour “faire ma belle” alors que je suis réellement, factuellement, actuellement, en détresse absolue face à mon corps, et ce depuis que je sais que j’ai un corps. Je me doute que je suis pas moche, parce que le regard des autres et que si plusieurs personnes disent un truc (comme “c’est une gourou”) je m’y penche.

Donc, clairement, il s’agit de projection. Quiconque passerait 16 minutes dans mon corps et ma tête n’oserait plus jamais me parler de ça de cette manière. Au contraire, ce genre de comportement qu’on m’attribue me fait énormément de mal. C’est dévastateur, sur moi qui me vois comme un faux être humain. C’est pire encore lorsque ça vient de personnes qui sont sensées me connaître. On ignore bien volontiers les violences dont mon corps a fait l’objet, pour le réduire à un “pffff elle fait la pauvre meuf pour avoir de l’attention”.

Attention Whore – Peinture originale Pop Art par Babes Kopp – Time’s Up For Me Too Portrait

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Je sais parler, et écrire, aussi. Tu veux savoir comment j’ai appris ? En écrivant des pages de journal que je cachais avant de les jeter, car mon agresseur fouillait dans mes affaires et que je n’avais donc pas de journal. J’ai appris à poser les mots dans le silence pour survivre psychologiquement.

Des décennies après, j’ai réalisé que je savais dire les choses de manière différente. J’ai réalisé que mes expériences aidaient, parfois. J’ai continué. J’écris sérieusement depuis 2008, j’avais 6 lecteur-ices, j’ai continué pendant des années sur mon premier blog. Sans audience, ou si peu. J’ai fait des articles de merde, je me suis trompée, j’ai appris. Je ne me suis pas levée un matin à 5h47 en me disant, tiens, je vais dire des trucs à des gens que je ne connais pas. J’ai TRAVAILLÉ pour ça.

J’ai travaillé pour ça, depuis 2008, en comptant l’hébergement, les noms de domaines, les plugins payants, les cartes de visite, j’en suis à plus de 3000€ de ma poche pour un revenu net total de rien. Si on ajoute mes semaines de travail sur les différents sites, comptées en tarif horaire webmaster, la maintenance, les catastrophes serveurs, la facture est vraiment salée.

Si j’étais une gourou, t’inquiète que j’aurais fait des Gofundme ou des cagnottes pour continuer mon travail. Certaines ne s’en privent pas. Moi, j’envoie des trucs gratos et je fais des dessins gratos que je ne signe pas. Je refuse même qu’on paye l’affranchissement de ce que j’envoie.

Ce n’est pas très rentable.

🤿🤿🤿

Le truc qui est vraiment pas acquis mais je compte sur toi pour l’année prochaine : ma vision du monde n’est pas capitaliste. Je ne perçois pas les personnes en termes de valeur ajoutée ou de retour sur investissement. Je me contrefous du statut social des gens ou de leur street cred, je les trouve juste vachement plus cool que moi.

Ma vie ne vaut pas plus que celle de la pire ordure du monde. Pas plus, pas moins. Je ne suis supérieure à personne. Le souci est que j’ouvre ma gueule, en vrai. Quand j’en ai marre d’être traitée en serpillière, je gueule. Parfois, je gueule de travers et je m’énerve et je pars en vrille. Pur terrorisme, hein ? Tout comme je “fais la belle”, je martyrise et garde sous ma coupe les personnes en me montrant agressive. C’est évidemment tout à fait voulu et absolument pas un effet de bord de cette douce magie que sont la bipolarité et les remontées traumatiques. Le fait que je m’excuse lorsque je l’estime nécessaire, que je répare si je le peux et que je sois dans le contrôle permanent de mes humeurs ne comptent pas. Ce qui compte, c’est LE moment où je crise. Je ne suis pas fière de criser, tu sais ? C’est pas super fun. Les maladies mentales, dans l’ensemble, j’avoue, c’est pas super fun. Se voir dévisser et anticiper la suite sans rien pouvoir y faire, y’a plus sympa pour passer un dimanche.

Non, parce que j’ai un autre atout dans ma manche : je me pose en victime constamment, je déforme les propos des gens et je génère du drama pour qu’on s’intéresse à moi.

Bon. Je ne me pose pas en victime. Je suis victime. Je suis survivante de trouzmille merdes et ma santé se porterait mieux sans moi. J’évite au maximum de me “poser” en victime parce que je suis convaincue que j’exagère, maintenant qu’on me l’a bien fait rentrer dans le crâne.

Je ne me sers pas de mes pathologies pour justifier mes merdes, en fait. Sinon je ne m’excuserais pas, je continuerai à exploiter mes propres fragilités pour asservir les autres et les étrangler dans des situations à sens unique. Mais, moi, si je dis que je suis trigger par un truc, c’est que je le suis. C’est pas pour couper court ou manipuler.

Marrant, ce qui est tout à fait ok avec les autres ne l’est pas avec moi. On ne me voit pas en victime, car je cause beaucoup trop. Je renvoie une image de personne forte qui a surmonté des trucs, alors je suis forte, donc je me démerde avec tout ça. J’ai survécu parce que je n’avais pas le choix. Je ne suis PAS forte. J’ai juste pas crevé en chemin. Et c’est pas faute d’avoir essayé.

Le truc de la meuf badass, c’est totalement une projection. Je ne me sens PAS badass ou courageuse. Je fais avec et si écrire me fait du bien, j’écris. C’est tout.

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Il n’y a pas de complot, pas de plan d’asservissement de la planète, pas d’envie de domination. A écouter les bruits qui me reviennent, tout ceci est organisé pour agglutiner un maximum de personnes autour de moi et former un groupe d’admirateur-ices suspendues à mes lèvres dans le but de heu…l’argent on a dit bof, les compliments on a dit non, donc ça doit être la recherche d’un sentiment d’autorité ou une quête attentionnelle. Bah c’est assez peu rentable, finalement. Mauvais plan.

On me prête des intentions de ouf, je te jure. Des fois, je lis les messages rageux et je me demande si ces personnes me connaissent ou pas. Quand ça vient de proches, je tombe un peu des nues.

Ni dieu, ni maître. Ni déesse, ni maîtresse. Je ne veux PAS diriger. Je suis une manager de merde car je suis pas assez méchante. Je n’ai aucun respect pour la hiérarchie. Je m’en accommode en milieu professionnel parce que j’ai pas le choix. Mais je ne suis la cheffe de personne, la maîtresse de que dalle et la reine du Rien.

Ça ne m’intéresse pas. Je suis contre toute notion de verticalité du pouvoir. Je suis contre le pouvoir. Même mon gosse peut m’avoir en argumentant. Si je te fais un cadeau, je n’attends rien en retour. Je m’en fous. J’ai trouvé un truc qui te ferait plaisir, je te le donne, si ça te fait plaisir, cool, sinon, tu peux refiler le truc ou me le rendre, je n’ai pas vraiment d’attachement matériel.

 Our ability to relate will recede in time – Billie Grace Ward

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Je crois que c’est ça, mon problème principal. L’anomalie.

En réalité, j’en ai rien à battre. J’existe au jour le jour, rien n’est important et tout est primordial. Il n’y a aucun intérêt, pour moi, à jouer le jeu de la domination. Je ne suis pas légitime, en plus. Non seulement la domination ne m’intéresse pas, mais elle me fait peur. Avoir la responsabilité de personnes, j’aime pas bien ça.

Parfois, je fais des trucs idiots, comme envoyer un message de soutien à une personne qui crée du contenu intéressant. Répondre à des questions sur Reddit. Je découvre depuis peu que ça s’apparenterait à du love bombing ET BIM GOUROU je le savais, JE LE SAVAIS ! 😱

Cela ne peut absolument pas être un élan que je ne sais pas arrêter et dont j’ai souvent honte après coup. Non. C’est forcément de la manipulation. J’encourage les gens (mais insuffisamment) uniquement pour les rendre dépendant-es de moi. Ça me ressemble bien, tiens. J’adore quand les gens dépendent de moi, ça me file pas du tout le stress.

On va pas se mentir, j’aime bien les retours, j’aime bien aider, ça m’aide à améliorer l’estime que j’ai de moi-même. Mais je n’attends rien. J’ai envie de dire que j’ai trop attendu pour rien jusqu’à présent, alors je n’attends plus.

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Mais j’ai fini par comprendre que c’était un problème de projection. Jusqu’ici, les personnes m’ayant trouvé tyrannique et autoritaires avaient préalablement tenté de me saper sans succès. On ne peut pas saper un truc à 0%. J’ai aussi demandé à mes proches de longue date ce qu’iels en pensaient. Mon mari, sensé être un pion soumis dans mon Grand Schéma, est souvent amusé de ce qu’on projette sur “le mari de”. On l’imagine petit et silencieux aux côtés de l’Ogresse.

Recevoir ce type de compliment de la part d’une personne qui fait exactement ce qu’elle me reproche, c’est fendard (non). Je ne dirais pas que ça représente 100% des cas, mais un bon paquet quand même, viennent de personnes ayant un cercle de “soumises” et de “suiveuses”, font la pluie et le beau temps sur les personnes qu’elles n’aiment plus et se gargarisent de LEUR position de pouvoir. Les exemples que j’ai en tête sont très nets, mais j’ai pas envie de péter l’anonymat de personnes, même celles que j’aime pas. Il y a eu cette meuf qui a saboté un de mes projets en organisant un petit comité du comité pour se plaindre que je faisais trop de trucs. Des trucs à la con, des trucs que personne ne voulait faire. Mais je les faisais, uniquement dans le but de marquer mon territoire, tu vois ? Pas du tout pour faire avancer le projet.

C’est pas parce que tu es intéressée que je le suis. En fait.

C’est pas parce que tes preuves d’amour sont livrées avec un reçu que je souhaite, moi, un retour exponentiel.

C’est pas parce que tu as envie d’être la Reine du Game que ça me tente.

C’est pas parce que tu crois que mon exclusion va me détruire que j’ai envie de procéder de la même manière avec toi. Au contraire, tu as de la chance que je ne sois pas comme toi. Honnêtement, beaucoup de personnes seraient grave dans la merde si je me comportais comme ça.

PARCE QUE J’EN AI RIEN A BATTRE du pouvoir et de la domination.

Rien de rien.

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J’ai mis du temps à comprendre que l’image que je projetais pouvait être perçue d’autres manières que ce que je voyais en dedans. Tellement de temps que ma syntaxe est décédée dans le processus. Moi, ce que je vois de moi, c’est ni génial ni glorieux. Mais je découvre que d’autres me prennent pour une Cool Kid. Je suis étonnée, de ça. L’estime que j’ai de moi est tellement au raz des pâquerettes que dans ma tête, c’est impossible que d’autres me trouvent correcte.

J’ai longuement réfléchi à la possibilité que ma faible estime de moi soit un mécanisme de manipulation pour obliger les autres à compatir. J’ai retourné le truc dans tous les sens, depuis plusieurs mois. Oui, j’ai besoin d’attention, quand j’aide ça m’aide aussi. Mais je gagne quoi ? Une empathie forcée ? De la pitié ? Jusqu’ici, ça n’a pas été très payant, je dois dire.

Après, on m’a suggéré de réfléchir à QUI portait ces accusations, de voir les pattern, car moi aussi je suis dans le jeu. Je provoque ce truc, je dois y réfléchir et corriger le tir si nécessaire.

Y’a un truc non acquis aussi, c’est que je suis sincère. Je ne fais jamais de compliment qui ne le soit pas. Je suis moins honnête lors des conflits, car j’ai peur du conflit, mon manque d’honnêteté se résumant à “ne rien dire”. Si je te dis un truc, je le pense. Je ne vois pas d’intérêt à donner de faux espoirs ou à complimenter l’autre jusqu’à la mort. Je comprends qu’une personne intéressée et enthousiaste fasse peur, et ça me fait encore plus peur car ça en dit long sur notre monde de merde.

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Je n’ai pas un relationnage de type capitaliste. C’était ça, le truc. Je n’anticipe pas le retour, je m’en bats les gonades, je dis “t’es chouette” parce que je le pense. Je trouve triste que ça passe pour de la manipulation.

J’ai mis longtemps à le comprendre. Je l’ai compris lorsqu’on m’a réclamé un retour sur investissement. On m’avait supportée, je pouvais bien flatter l’ego un peu plus, merde, je fais pas d’effort. Je n’ai pas compris. Pour moi, l’échange n’est pas toujours intéressé. Des fois, je demande des trucs. Je les demande directement, sans ronds de jambes et flatteries inconsistantes.

Je suis fondamentalement anarchiste. Il m’est très difficile de conceptualiser la mentalité capitaliste, c’est pour ça que je m’y intéresse. C’est comme au zoo. Merde, les gens font ça pour ça ? Sans déconner ? Tant de prise de tête alors qu’on pouvait demander…j’enfile ma saharienne, je prends mon filet à papillons et je vais voir ça de plus près.

C’est comme les partenaires qui tuent l’autre pour ne pas divorcer : hey, y’a d’autres options, dans la vie, tu ne crois pas ? Direct, le meurtre ?

Fatalement, j’ai un prisme de lecture un peu différent. La base de ma pensée politique est anarchique. Chaotique, plutôt. Je ne peux pas comprendre d’emblée les rapports de domination ou les enjeux liés au pouvoir. Je comprends sur papier, mais ça entrave pas là haut.

Alors si on me lis à travers un prisme de lecture capitaliste, je peux comprendre qu’on se pose des questions sur ma sincérité et ma légitimité. Et là, tout est plus clair.

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Plaquer des concepts nous appartenant sur des personnes ne vivant pas sur le même plan d’existence est fondamentalement bête. Et je ne dis pas que mon plan d’existence est mieux, parce que j’en ai encore une fois rien à battre. Tu fais ce que tu veux de ta vie et de tes relations. Si tes relations sont uniquement transactionnelles et intéressées, c’est pas mon problème.

Mais ne projette pas tes propres défauts et espoirs sur ma gueule, merci. J’ai jamais voulu diriger quoi que ce soit. Je dirige quoi, qui, là, concrètement ? Est-ce que c’est rentable ? Jusqu’ici, je travaille à perte et j’en ai (toujours) rien à battre.

Les défauts qu’on prête aux autre sont souvent les nôtres. C’est pour ça que je ressasse. C’est pour ça que je change en ressassant. Je fais partie de l’échange, que je le veuille ou non. Si une situation ressemble aux précédentes, je sais que j’y suis pour quelque chose. Alors j’y réfléchis, je me prends la tête pendant des semaines à pas comprendre. Je me demande ce que j’ai fait pour susciter ça, pourquoi le cycle se répète ? J’ai une part là dedans, je veux savoir quoi, où, comment, pour ne pas revivre cette situation à l’avenir ou mieux la gérer. En 2 mois, j’ai avancé. Compris. Ou pas vraiment. Mais j’essaie. Des trucs fondamentaux ont changé en moi, c’était pas agréable mais nécessaire.

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Et je les vois, les véritables wannabe gourou. Oh, oui, je les vois. Les personnalités magnétiques ne souffrant pas la concurrence imaginaire. Celles qui s’entourent de personnes qui les valorisent, qui ne leur apportent aucune contradiction et qui sont dans la béatitude permanente. Et c’est moi, la gourou ? Celle qui se fait exclure, toujours selon le même schéma ? Mais merde, regardez-vous en face, les meufs, vous valez certainement pas mieux que moi, pas mieux que quiconque. Si ça vous plaît de jouer au truc de la street cred et de la popularité, faites vos trucs, mais moi, j’en ai véritablement rien à battre. Lâchez-moi avec votre système de valeurs à la con.

Enfin, merde, j’ai un lectorat qui est passé de 6 à 2400 personnes en 15 ans, c’est pas la gloire et le Nobel de Littérature, les enfants, j’y suis pas, là. J’y suis pas car je suis infoutue de promouvoir correctement mon travail. Je ne sais pas me mettre en valeur parce que j’estime n’en avoir aucune. Réellement. Pas plus, pas moins qu’une autre. Je vais échouer dans ce projet comme j’ai échoué ailleurs : en me trouvant pas au niveau, en ayant honte de ce que je fais, en me dévalorisant à tout prix avant de m’éteindre calmement.

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Donc cessez de projeter sur moi vos valeurs libérales. Cessez de me prêter des intentions que je n’imagine même pas. La seule chose que j’exige c’est d’être traitée en être humain. Si les limites que je définis font de moi une personne tyrannique, posez-vous des questions. Si le fait de demander à ne pas être prise pour un paillasson est trop violent à vos yeux, c’est vous qui avez un problème, pas moi. Si vos compliments et votre amour sont un investissement, on a rien à se dire.

Sur ce, je reprends mes petites vacances. Tu sais ce que je fais, pendant mes vacances ?

Alors je t’explique, j’ai fondé une discipline chamanique nommée le “Flemmaga” et je vais ouvrir des ateliers façon Colibri, tout se passera sur Telegram et je vais demander une cotisation pour que vous prouviez votre attachement envers votre Leader Suprême, aka MOI. Je veux une statue de moi en pied, de 16m de haut, l’index dirigé vers la foule en adoration, recouverte de bronze façon monumentalisme soviétique. Ensuite, chaque membre déclamera un poème en mon honneur et s’agenouillera pour recevoir ma bénédiction. Je vais ériger un ensemble de règles intenables pour permettre aux membres de se tromper et d’être puni-es, parce que j’adore punir et contrôler les autres.

Puis je partirai avec la caisse.

Evidemment.