Cette impunité

​Gérald Darmanin (qui n’est pas un forceur ni un violeur, bien évidemment, qu’on soit clairs, jamais au grand jamais) engueule la justice suite à l’affaire Lyhanna.

​Pas de moyens supplémentaires, juste des heures supplémentaires – non payées je suppose.

​Et là, toujours la colère en moi.

​Ça parle narcotrafic et ça tape de la coke et d’autres substances dans des soirées chemsex. Ça parle pédophilie, viol, de l’air de ceux qui jamais ô grand jamais ne profitent de leur statut pour obtenir des faveurs sexuelles, de gré ou de force, dans leurs salons feutrés.

​Récemment, Nicolas Jeanneté (conseiller de Paris – élu du XVe arrondissement – et ancien directeur général du parti « Les Centristes ») a été condamné à 18 mois avec sursis avec obligation de soins et interdiction de contact avec des mineurs suite à la découverte d’images à caractère pédocriminel sur ses appareils. Il a aussi écopé de heu rien pour l’achat et la vente de 3-MMC.

​Le 3-MMC, c’est la drogue qu’on a voulu faire porter à Rima Hassan lors de son interpellation suite à des mois d’espionnage. Et, oh, ce n’était que du CBD et, oh, aucune image gerbante sur ses appareils à elle. Mais une couverture médiatique impeccablement uniforme.

​Elle a fait la une, ohlala. Jeanneté, je l’ai appris par hasard. Moi qui lis les commentaires de France Info, sans doute par pur masochisme, ai pu lire « LFI = DROGUÉS » plus souvent que plein de fois.

Bah oui, des gens se droguent. Ça arrive et pas qu’à LFI. Sauf que des gens de gauche qui se droguent ce n’est pas pareil que des gens de droite qui se droguent. Parce que, oh, hein, bon.

​Et, bon sang, j’en ai marre. Mais marre.

 

L’hypocrisie et le double standard me donnent envie de me rouler par terre en hurlant à pleins poumons, histoire d’exorciser la fillette victime en moi lors d’une session New Age quelconque.

​J’en peux plus, je te jure.

Si un dealer de weed est chopé, il va en prison. Parce que, on va pas se mentir, n’en déplaise à la personne qui commentait que j’étais un peu raciste sous une autre publi, les dealers sont rarement des blancs CSP+. De toute ma vie, je n’ai connu que 2 blancs qui dealaient. ET TOUS LES DEUX PORTAIENT UNE CASQUETTE OKAY ?

​Et j’en ai connu, oui. Quelques-uns, pour des raisons qui me regardent (wink wink). Je n’ai pas vécu en cité mais j’y ai passé du temps. J’ai connu des gamins guetteurs et des darons installés sur leurs liasses de billets.

​Va écouter « Demain c’est loin » de IAM et surtout regarder le clip, si tu veux en savoir plus. C’est vieux, ça a presque 30 ans (1997) mais on dirait que c’était hier. Ou demain. Mais demain c’est loin.

​Je suis totalement pour la dépénalisation de toutes les drogues. Déjà, parce que si on interdit tout, on doit aussi interdire les jeux d’argent, la nicotine, l’alcool. Cette dernière substance cause beaucoup plus de drames que le petit bédo du soir.

​Certains pays l’ont fait avec succès. Mais ça veut aussi dire moins d’argent facile pour l’État. Moins de taxes sur la précarité. Inadmissible.

​Ensuite, ça nous oblige à nous demander pourquoi certains veulent fuir cette réalité dystopique, tandis que d’autres veulent juste améliorer leurs performances au travail ou profiter d’une détente probablement bien méritée. Pourquoi les uns sont inquiétés par la police et d’autres non.

​Bref.

 

​Cette obsession avec le narcotrafic me tue. Souvent, le deal est un moyen de s’en sortir. Moins physique que les cambriolages, moins dangereux que les braquages, moins honteux qu’arracher les sacs à main des mamies. Sinon, t’as quoi comme avenir lorsque tu viens d’une barre d’immeuble semblable à toutes les autres ?

​On te dit que bien travailler à l’école ouvre des portes. Mais lorsque les études supérieures, les grandes écoles, pratiquent un racisme masqué, les employeurs jettent ton CV lorsque tu t’appelles Farid.

​Alors ouais, t’en as un-e sur 1000 qui s’en sort et sert de modèle de méritocratie. On l’expose, ce beau token. On ignore tous les autres, ceux et celles qui restent galérer dans la cité avec des boulots pétés.

​Il est facile de blâmer, de juger. Mais faut bien les payer, les Amendes Forfaitaires Délictuelles (AFD).

​Tu ne sais pas ce que c’est ? C’est le signe que tu es au moins un peu dans le privilège. Les AFD, c’est si on te chope avec un joint dans un hall d’immeuble. 200 balles en moyenne.

Renouvelable à merci, histoire de bien saper ce qu’il reste de tes finances. Et applicables même en l’absence de stupéfiant, juste sous couvert d’un PV pour « occupation de hall d’immeuble » parce que t’es là, assis sur une marche à ne rien faire. En un clic, bam, 200 balles.

​Je te laisse deviner qui sont les personnes les plus contrôlées en France. Non, ce ne sont pas nos élus. Il n’y a pas de hall d’immeuble à Matignon.

​Je pense d’ailleurs que si on pratiquait des tests urinaires réguliers à l’entrée des édifices tels que l’Assemblée Nationale ou l’Élysée, le montant des amendes pourrait s’élever au PIB d’un petit pays.

 

​Et puis de toute façon, si t’en fiches un en prison, c’est un coup à ce qu’il publie le journal d’un prisonnier et nos rayons de librairie n’ont pas besoin de PQ supplémentaire. 20 jours et ça comprend l’horreur totale du système carcéral.

Ouin ouin.

​20 jours en cellule VIP pour corruption et trafic d’influence (3 ans de prison dont 1 ferme) mais aussi financement illégal de campagne électorale (1 an, 6 mois ferme sous bracelet électronique), mais aussi bientôt association de malfaiteurs et de corruption passive.

​Le même – Sarkozy, au cas où tu n’aies pas la réf, ça arrive – qui hurlait à l’injustice dans des affaires de meurtre d’enfants dont il se foutait éperdument.

​En attendant, ce sont tous les autres qui payent.

​Quelle indignité !