On t’a pris la main dans le sac ? Dans le pot de confiture ? Dans les fesses de ta voisine ?
Pas de panique, voici un guide pour s’excuser sans s’excuser !
Tout ceci appartient au passé
Je ne suis plus la même personne !
Voici l’excuse « retour vers le futur » pour les personnes qui ne panent rien aux voyages temporels.
En effet, il s’avère après recherches minutieuses que les évènements passés affectent les évènements du aujourd’hui.
Si toi tu n’en ressens pas les effets, c’est qu’une AUTRE PERSONNE les ressent. Je sais, c’est incroyable. Même des années après, tes actes ont des conséquences. Y compris lorsque tu ne les ressens pas.
Ce qui est du passé pour toi peut tout à fait appartenir au présent d’autrui.
Je suis désolé-e que tu l’aies mal pris…
Je m’excuse, mais…
Traduisible en « je ne regrette rien, c’est toi qui a un problème mais je me plie à l’exercice sinon tu va m’emmerder toute la vie ».
On peut le biclasser avec celui-ci :
Mes intentions n’étaient pas celles là…
Petite mise en situation. Tu es un célèbre humoriste tout cocaïné qui provoque un accident mortel sur la route. Tes intentions n’étaient manifestement pas de tuer des gens, et pourtant tu as pris le volant alors que tu n’étais clairement pas en état. Bah c’est de ta faute. Pas celle de l’autre bagnole, pas celle du bitume, pas même celle de la coke. Le fautif, c’est toi, que tu le veuilles ou non. Le choix de conduire ou pas t’appartient. Tu as choisi.
Tes intentions n’ont que peu d’importance une fois que le mal est fait.
Je suis désolé-e que tu sois si sensible…
Donc là, le problème c’est pas toi, c’est l’autre qui est trop sensible.
Deux choses :
– soit tu connaissais la sensibilité de l’autre et tu as passé outre
– soit tu ne connaissais pas la sensibilité de l’autre et tu passes outre à posteriori
Dans les deux cas, tu penses que l’autre est responsable de ses émotions (j’ai parfois vu ce discours chez quelques imposteurs en anarchie relationnelle), tes actes sortent de toi et s’envolent vers l’infini. Tu ignores les effets sur l’autre, seuls les choses qui t’impactent ont de l’importance.
Et ça, ça s’appelle être égoïste et manquer cruellement d’empathie.
Je voulais juste t’aider, je suis desolé-e que tu l’aies mal pris…
Ah, les conseils non sollicités. Tout un poème.
Je savais pas que j’étais grosse
Heureusement que t’es là pour me le dire
J’aimerais maintenant que tu endosses
La manière dont tu m’as fait souffrir
Alors la prochaine fois, par pitié,
Ferme ta putain de gueule avant de juger
Réfléchis avant de parler
Que la décence puisse t’accompagner.
Cordialement,
Bisou.
Bon, d’accord. Excuse-moi. Voilà, t’es contente ?
Comment te dire.
Comment te dire que ça, c’est une excuse de connard passif agressif ?
Ah bah je viens de le dire, haha.
Ça, c’est pas une excuse. Tu ne comprends pas ce que tu as fait de mal et c’est pas en faisant ça que ça va commencer. Ce genre de phrase est juste un gros molard craché à la gueule de la personne que tu as blessée.
Désolé-e pour ce qu’il s’est passé.
C’est dommage que ça se soit si mal passé…
Quoi. Il s’est passé quoi ? De quoi veux tu t’excuser ? Là tu rates 80% du principe de l’excuse qui consiste à reconnaître ce qu’on a fait. Si tu ne sais pas poser les mots sur tes actions, c’est pas gagné. Vraiment pas.
C’est quoi, vraiment s’excuser ?
- Savoir précisément ce qui a été fait et en quoi c’est problématique, en quoi ça a pu blesser. Avoir conscience du problème.
- Faire les excuses de soi-même, ne pas attendre qu’elles soient demandées.
- Ne pas dire « mais… » dans ses excuses. C’est pas le moment. Tu peux t’expliquer ensuite, si la personne le souhaite. En attendant, pas de « mais ».
- Proposer une manière de réparer et demander à la personne lésée ce qu’elle en pense. Si tu ne sais pas quoi proposer, demande ce que tu peux faire.
- Ne pas refaire la même connerie 50 fois derrière. On vous voit, les manipulateurs qui ont chopé les bons mots. Si tu recommences, c’est que t’as pas compris.
- Ne pas se sentir immunisé-e après des excuses. Parfois, il faut s’excuser plusieurs fois, car en fonction du préjudice, la personne en face a peut-être besoin de temps.
- Ne pas s’attendre à une reprise des relations comme si de rien n’était. Besoin de temps, on a dit.





