Heure de réveil : 5h01 (chats)

J’ai perdu un like 😱
Du coup, là, j’ai envoyé l’enfant (qui a sorti sa tête de petit malin “Regarde il est 5h je suis réveillé !”) dormir avec son père en espérant qu’il ne passe pas sa vie à me demander à quel moment j’ai terminé. Écrire et garder une timeline en tête avec une personne qui te demande c’est quand qu’t’as fini en boucle et qui s’énerve quand tu l’envoies bouler (je te mets au défi de rester calme à la 19ème interruption en 1h) c’est super chaud et j’ai raté tout le narratif d’hier car mon objectif c’était focus sur les éléments que j’avais sans manger mon enfant.

Cela dit, je sais qu’il est impressionné par ma frappe rapide, il reste parfois là à m’observer en douce.

Je vais finir par me mettre un réveil à 3h du mat si ça continue. Ah, oui, parce que…il sait déchiffrer la plupart des mots, aussi. Si je suis sur un truc un peu glauque, c’est tendu, je l’ai déjà vu arriver derrière moi et dire “C’est quoiiiii ?” alors que je cherchais des trucs pour les plus de 6 ans.

🤔 Tiens, on va parler de ça. Comme ça je perdrai un autre like.
Devant les difficultés croissantes pour trouver du contenu hors Asie du Sud Est, Japon et US, la grande grande ressemblance entre les histoires, je me suis lassée, j’avoue. L’imagerie asiatique est suuuuuuuper trash, sans déconner, tu as des demi femmes à la The Ring qui déambulent dans la rue, des arrachages d’organes et tout le tralala…

Je vais te faire un petit résumé de ce que j’ai pu constater après avoir compulsé beaucoup trop de creepypastas pour ma santé mentale.

Voici donc ce que je te préparais pour clôturer la série.


👻👻👻

On va rappeler les bases : un(e ? pour moi c’est féminin mais je me plante sûrement) creepypasta est un récit d’horreur de longueur variable, qui a pour particularité moderne leur viralité en ligne. Le premier épisode parlait des dames blanches, on est sur ces modalités mais en ligne. L’histoire se propage de témoin à témoin, qui copie(copy)/colle(paste) ce qui deviendra une creepy(horrifique)pasta(collé, jeu de mots entre “copy-paste” et “creepypasta”).
Un bouche à oreille 2.0 en somme.

Franchement, je ne vais pas te recommander UN site car si tu recherches “creepypasta” sur ton moteur de recherche préféré, tu auras largement de quoi faire. Et c’est ce que j’ai fait pour écrire ces billets. J’ai compulsé des dizaines de récits en provenance de différents continents, j’ai pu apercevoir les similarités et les différences et plusieurs choses sont intéressantes.

On va donc parler de ça…WITH A FEMINIST TWIST enfin !!! 🥳

J’ai essayé de rester neutre pour le côté “recherche et résultats” mais là c’est bon, j’en ai marre 🔥


☠️☠️☠️

La récupération du folklore local est une constante. La différence entre le folklore et la creepypasta c’est que cette dernière est écrite de nos jours, par des personnes influencées par les contes, mythes et légendes d’hier ou d’avant hier.

On a toustes été biberonné-es aux contes pour enfants. Je compte le Père Noël et la petite souris dans le lot.

🐁 D’ailleurs, tiens, ça t’a jamais étonnée qu’on adore des personnages qui s’introduisent par effraction la nuit chez toi pour te donner des cadeaux “gratuits” et voler tes dents ?
🎄 J’ai toujours trouvé l’image du Père Noël inquiétante. Pas toujours, pardon. Mais quand j’ai compris que les adultes hommes pouvaient être des prédateurs en testant par moi-même, l’idée de Saint Nicolas qui arrive chez moi en pleine nuit, ça me terrorisait totalement. Qui empêcherait Saint Nicolas d’entrer dans ma chambre ? Et qui me croirait ? Combien d’enfants sont victimes de Saint Nicolas ? C’est un vrai questionnement que j’ai eu super trop tôt.

Mais tu vois, par exemple, Saint Nicolas, qui passe chez toi la nuit du 5 au 6 décembre si tu n’es pas du Nord, du Nord-Est et de la Belgique, tu ne connais pas.
Niveau gore, son histoire est quand même franchement pas mal 😨

En gros, il y a 3 petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs…ils se font choper par un boucher qui les coupe en petits morceaux et les jette dans un tonneau pour les saler, alors Saint Nicolas arrive et remet les morceaux en place, les enfants revivent, tout le monde est content et on apprend la chanson de Saint Nicolas aux enfants en primaire, mais merde, qu’est-ce qui ne va pas, chez vous ?

Je sais pas si tu viens des régions polaires toi aussi, mais j’ai appris la chanson de Saint Nicolas à l’école primaire et ça m’a juste TERRORISÉE 😱 au point que j’éprouve encore aujourd’hui un vieux malaise en y repensant. J’en parle dans le billet sur les comptines pour enfants.

🍄 T’en fais pas, c’était un exemple pour mettre en place ce que j’allais dire ensuite, j’ai fini. 🍄

On a toustes été marqué-es de cette manière, par différents récits, j’imagine. Si je faisais une nouvelle d’horreur, elle pourrait porter sur Saint Nicolas, oui. J’ai envie de le faire, maintenant…allez focus, focus.

C’est donc normal de retrouver des fragments culturels dans ces récits. Consciemment ou non, on est marqué-es par ces légendes. Ce qui était intéressant dans le cas de l’Afrique du Sud c’était le mélange entre le folklore local, le folklore colonial et ce qui en est fait. On se retrouve avec des histoires reprenant l’imagerie traditionnelle de la zone mais aussi les codes occidentaux.

💃 L’histoire de Madame Koi Koi/Pinky Pinky est un bon exemple : ici, le fantôme porte des talons hauts rouges et le rouge à lèvres assorti (ce qui est plutôt associé aux femmes blanches en Blanchie). Madame Koi Koi est une ancienne prof maltraitante qui hante des établissements scolaires pour dévorer les élèves qui restent trop tard ou qui continuent à parler dans les dortoirs après l’extinction des feux.

EDIT : Non, c’est un mauvais exemple parce que j’ai plaqué mon imagerie à moi, les talons aiguilles c’est un peu universel et “connoté” selon les endroits. Et comme je ne sais pas quelles sont les valeurs associées à l’image d’une femme en talons en Afrique du Sud, bah j’aurais dû trouver un autre exemple au lieu de réfléchir comme une blanche.
Désolée si j’ai heurté quelqu’une, quand je dis que je suis raciste ça passe par ce genre de raccourci. Pardon.
D’autant plus que j’ai lu plusieurs récits dont les exemples étaient plus pertinents. Du coup je garde ma connerie quand même pour pas faire style chuis trop woke tavu.


😈😈😈

Où sont les femmes ? Avec leurs machettes et leurs armes ?
(pardon…)

Oui, on en a une juste sous le nez. C’est le fantôme qui tue. J’avais fait un comptage il y a mille ans sur la représentation féminine dans les creepypastas les plus connues, et….(je recherche le billet)

🎯 “[…]sur 123 fiches testées en 4 catégories de fantômes :
– Les « non genrés » parce qu’iels représentent toute une catégorie : 37 (30,8 %)
– Les « nommés » monstres : 13 (10,57 %)
– Les « nommées » femmes : 54 (43,9 %)
– Les « nommés » hommes » :19 (15,45 %)”

Le “nommé” est un héritage de World of Warcraft 🧝‍♂ Le fait de donner un nom à une créature au lieu de dire “un loup, un elfe, un orc, un connard de droitiste” on va les distinguer du reste de leur engeance. On fait souvent ça si il s’agit d’un monstre particulièrement fort ou violent : on va dire “un Darmanin” ou “Jean Castexxxx” et pas “un ministre lambda de ses grands morts”, par exemple.
C’est le “vampire” versus “Dracula”. Dracula, tu sais qu’il rigole pas. Voilà. Jean Castex non plus il rigole pas.

👠 En terme de personnages nommés, donc, on a une surreprésentation féminine. De loin. J’ai pu le vérifier (sans relever de chiffres à ce moment là parce que merde) en parcourant mes petites histoires qui font peur.

La meuf à The Ring c’est une meuf, par exemple. Si on cherche des exemples de fantômes, je parie que tu vas penser à une dame blanche à un moment. Il n’y a AUCUN homme blanc faisant du stop dans ce que j’ai pu lire. Les histoires d’autostoppeurs sont moins courantes et dans la vie, les autostoppeuses se font assassiner, les autostoppeurs assassinent, sauf quand c’est Ivan Milat qui les prend en stop.

L’homme blanc est fort, l’homme blanc ne fait pas de stop, seule la dame blanche est suffisamment retorse pour grimper en voiture et jouer de sales tours au conducteur.
Oui, parce que LE conducteur est un homme. Je n’ai pas trouvé un seul récit avec une conductrice. Mais ça c’est parce que la personne qui raconte est toujours un homme.

Le concept de la Dame Blanche est super intéressant (et on en a déjà parlé) car il reflète une dynamique quasi universelle : la femme trompe et ment pour faire du mal à l’homme venu lui porter secours. C’est un compte moral masculiniste en quelque sorte.

💋 Et c’est là que ça devient amusant.


🥦🥦🥦

Premier constat : qui écrit les creepypastas ? Les mecs. J’ai dû tomber sur moins de 10 récits dont l’autrice est une femme. Je dis moins de 10 pour être sympa, en vrai j’en ai croisé deux.

Je n’ai trouvé quasiment aucune protagoniste (héroïne de l’histoire) féminine. Je dois avoir deux exemple vite fait, notamment sur les intrusions au domicile ou les enlèvements. Oui, ça nécessite une femme pour fonctionner, parce qu’on sait bien que les hommes réagissent de manière très avisées lorsqu’ils sont tirés du lit en pleine nuit par un intrus (Souviens toi des réveils-bébé en pleine nuit, c’est toujours eux qui se lèvent). Et on ne peut pas kidnapper un homme, c’est contre les lois de la physique 🤷‍♀️

🌟 Je te glisse un nom à chercher : Susan Kuhnausen.
Une personne (je te spoile sans te spoiler : son mari, évidemment) a engagé un tueur à gages pour la descendre dans son sommeil. Elle lui a MARAVE LA FACE comme jamais et a survécu. Le tueur, non.
Les femmes peuvent se défendre, en fait.

Mais “la” femme, si elle est présente dans l’histoire, est victime avant tout, comme dans…pffffffiout….heu….à la louche 95% des productions culturelles mondiales depuis que le monde sait écrire ? Victime ou tueuse, pas d’entre deux.

🎱 Les creepypastas n’échappent pas à cette règle, non. On s’y fait dévorer, hacher menu et tout ce qui va avec. On sert de token dans les récits qui parlent d’un groupe de personnes. Il restait de la place entre deux archétypes alors on t’as mis là. On a “le guerrier”, “le ninja”, “le droitiste” et “la femme”.

T’es pas une fonction, t’es un objet. Tu ne fais rien, tu es une femme.

Comme d’hab, je sais, je ne t’apprends rien. Les creepypastas respectent bien les codes, pour des publications sensées sentir le souffre de la modernité internettesque dans leur viralité. L’héroïne ne sert à rien d’autre qu’à exister pour représenter un enjeu dans le récit.

👠 Elle est un objet fragile et un instrument de mort à la fois. Ou un motif de revanche (dans les films).


🧩🧩🧩

Du coup on retombe dans les classiques. Les creepypastas ne sont pas vraiment différentes des productions culturelles mainstream en fait. Écrites essentiellement par des hommes elle reflète la pensée misogyne habituelle. Les codes sont quasi identiques, on se permet plus de choses niveau écriture et on ajoute des éléments d’étonnement pour assurer la viralité de l’histoire.

On a :
🔸 Je vais dans un endroit où je ne devrais pas aller mais je suis courageux
🔸 Il y a un horrible accident dans le laboratoire où je travaille
🔸 Je voyage dans le temps ou entre les dimensions
🔸 Je fais une connerie, genre accueillir la Dame Blanche, et je me fais piéger
🔸 Un fantôme hante ma maison/mon bureau/la ligne D du RER

Tout est binaire dans ces récits. Les femmes ne vont pas dans les endroits où elle ne devraient pas aller, elles ne se rendent pas compte de l’horrible accident ou en meurent directement, à moins qu’elles jouent la side-kick dubitatif qui nie l’évidence (“Mais non, ces dégoulinures fluo sur les murs et ces 15 disparitions au cours des 3 derniers jours ne doivent avoir une explication rationnelle” – Scully)

La femme est une faible victime-boulet impuissante qui hurle avant de se faire dévorer tout cru. Elle ne sert à RIEN en tant que protagoniste.
💄 L’homme ne peut être attrapé que par la ruse ou sa propre témérité. Il est trop puissant pour être abordé de face si la créature maléfique est une femme, alors elle le piège avec une apparence sensuelle de succube, parce que tout le monde sait qu’ils savent pas la garder dans le pantalon ho ho ho, ou on trouve un autre mécanisme de type “la demoiselle en détresse” qui lève le pouce à 3h du mat sur une départementale cabossée. Soit ça, ou il va là où il ne devrait pas aller : bunker soviétique, milieu de la forêt sans GPS, caverne suspecte, rendez-vous Leboncoin avec une importante somme en liquide…

Il est intéressant de remarquer la surreprésentation féminine dans les créatures agressives, surtout lorsqu’on connaît les chiffres de la réalité véritable. 44% des créatures nommées, 5% des personnes incarcérées dans la vraie vie sont des femmes. La violence féminine existe, mais pas dans ces proportions-là.
Pourquoi surévaluer la dangerosité ? Pour justifier les comportements violents des hommes, à mon avis. Ils ont des raisons d’avoir peur de nous : on les attire dans l’ombre et on les dévore, je sais pas ce qu’il te faut de plus…

⚠ Il faut se méfier des femmes. Elles cachent bien leur jeu. ⚠

C’est là tout le message qu’on veut faire passer, et c’est aussi bien valable dans les creepypastas que dans les contes et légendes traditionnels. Les femmes sont sorcières ou fées, elles changent de forme pour te tester et te piéger, ce sont elles qui commettent les erreurs fatales si elles en ont l’occasion. Si elles ne sont pas merveilleuses, au sens surnaturel, si elles ne sont pas l’héroïne, elles sont complètement connes.

🎃 La belle-mère et les sœurs de Cendrillon, par exemple.
Un paysan apporte un artefact à la maison, il dit à sa femme de ne surtout pas le toucher ou le mettre au four à 180°C, et elle le fait parce qu’elle est bête. Elle est aussi celle qui soulève le voile, qui va se laisser envahir par la curiosité et tout foutre en l’air (on a le contre-cas avec Mélusine ou la Princesse Grenouille version Russe, où l’homme cède à la curiosité, mais…ce sont des personnages surnaturels et le protagoniste est un homme)

J’anticipe : oui, il y a des contes et des récits d’horreurs qui ne rentrent pas dans ce moule. #notallcreepypastas
Il y a des contes avec des protagonistes badass, ça arrive. Heureusement 🙄


🐸🐸🐸

Les illusions, métamorphoses, hypnoses et autres tours de passe passe nous sont réservés. Tu sais qui d’autre est un génie de l’illusion ? Satan. Non, je ne dis pas ça par pure provocation, pour une fois. L’idée du Diable trompeur est aussi vieille que pffffiout, les femmes sont des sorcières. A tous les coups elles nous manipulent pour arriver à leurs fins : vivre dans un cottage en haut de la colline avec des animaux et un potager médicinal. Les salopes 🤬

🧟‍♀ Les femmes utilisent la ruse ou le sexe. Ce sont les sirènes qui attirent le marin pour le manger. C’est la femme super glam qui se révèle succube au lit. Parce qu’assumer ta sexualité fait de toi une ogresse insatiable.
Une femme qui a un grand appétit sexuel sera “anormale” (parce que normalement on doit les forcer un peu ?) et dangereuse. Il n’y a qu’à voir l’image de la femme fatale, tout de rouge vêtue comme Madame Koi Koi. Elle est belle, elle est sensuelle, elle veut manger tes yeux.

🤦‍♀️ “Méfie-toi des femmes, elles ne sont pas ce que tu crois”
🤦‍♀️ “Protège les femmes vertueuses, elles sont trop fragiles pour ce monde”

Et hop ! On refait passer ça tranquille dans les esprits : l’illusion d’une binarité entre les femmes “respectables” et les femmes “nuisibles”. Les femmes respectables n’ont pas de talons aiguilles rouges de 12 cm. Les femmes respectables sont victimes avant tout, de l’autre côté de la binarité. Celles qui ne sont pas respectables doivent être soumises ou détruites.

Oui, c’est absolument à chier et absolument dangereux.
On renforce les stéréotypes de genre, couche après couche, en propageant une image des femmes totalement pétée.

Les protagonistes hommes ont tout un panel de personnalités :
🤠 Le super héros courageux avec faille narcissique
🤠 Le bras cassé attachant
🤠 Le mec normal qui fait ce qu’il peut

Et toi, t’es victime quand tu es protagoniste. C’est tout. T’as pas le droit de marave le démon, tu dois déjà attendre les 5 minutes légales pour laisser une chance au héros de te sauver. Ou alors tu es une héroïne masculinisée, un garçon manqué badass interprétée par Michelle Rodriguez, et tu as une petite place au paradis avec les vrais héros, Wonder Woman et Lara Croft.

Note : je n’ai pas trouvé UNE SEULE creepypasta où une nana écrivait l’histoire ET survivait. Et, vraiment, j’en ai lu un paquet.


🐹🐹🐹

Je ne suis pas surprise, hein. C’est exactement ce que je cherchais à vérifier et je l’ai vérifié. Les creepypastas sont des productions tout autant sexistes que le reste.

En fait, ma lecture insatiable m’a permis de confirmer mon hypothèse de départ : les creepypastas répondent aux mêmes règles que le reste des contes, légendes, folklore et scénar de film d’horreur, et c’est normal car elles en proviennent.

🤔 Pour être honnête, j’ai pas trouvé beaucoup de récits de qualité. J’ai lu des trucs tellement abracadabrants que mes yeux ont failli rester levés au ciel pour toute la vie. L’anglais n’est pas ma langue maternelle mais je le lis quand même plutôt couramment depuis un moment, j’ai trouvé des récits fabuleux, mais aussi des récits creux, redondants, à la narration foireuse comme la mienne, des choses pas forcément palpitantes, même sur le fond.

💜 Mes préférées, ce sont les SCP, j’avoue. Les créatures sortant de laboratoires secrets, les entités meurtrières, tout ça. Je trouve les SCP souvent mieux construits car avec une structure accueillant des récits collaboratifs.

💜 Tout comme les backrooms (non, pas celles-là), c’est l’aspect que je trouve le plus fascinant, le collaboratif. Je vais te parler vite fait des backrooms pour que tu comprennes, je voulais faire un billet dessus mais Feldup m’a grillé.

Imagine, t’es au rayon fruits et légumes de ton hypermarché préféré et d’un coup, tu te retrouves dans une pièce jaunâtre aux néons qui clignotent. Tu viens de glitcher, bienvenue dans la matrice et bonne survie !
Ce labyrinthe infini comporte plusieurs étages. Plusieurs dizaines. Pas loin de 200 aux dernières nouvelles, chacun avec ses entrées, ses sorties, ses pièges et ses règles.


🌐🌐🌐

Je vais terminer par la conclusion que j’avais depuis le début de cette série. L’aspect collaboratif, l’aspect foutrement intéressant (pour moi), plus que le sexisme des publications.

💀 Tout comme avec le projet SCP, les backrooms sont alimentées en contenu par les utilisateurices. Il s’agit de projets collaboratifs de très grande envergure, ayant nécessité des jours, des mois, des années de travail.

Et je trouve ça à chialer de bonheur, sans déconner ❤️ C’est beau. Je me doute qu’il y a les mêmes problèmes d’équipe que partout, qu’il y a des récits moins bons et des connards, mais l’aspect collaboratif me parle beaucoup et j’adore ce genre de projets.

Ça démontre la force infinie du collectif rassemblé autour d’une même idée et ça me redonne un peu foi en la vie que de voir qu’on parvient à coordonner des centaines de personnes et de récits juste parce qu’on a envie de le faire. Si on peut faire ça ensemble, on peut faire beaucoup de choses, parce qu’on est des animaux qui vivons dans une sociétay.

Parce que tout ça, c’est gratuit. Libre. Viral. l’auteurice de la nouvelle n’est pas important-e. Comme pour les memes qui circulent à la volée, les creepypastas appartiennent à celleux qui les lisent. C’est marqué dans le nom ! Copie/colle, transmets, fais circuler, altère, modifie, récupère, tu en as le droit.

J’adore cet esprit de liberté malgré les ineffables gros boulzor trop souvent aux commandes. Mais ça, on en parlera dans un autre billet.

En attendant, amuse-toi bien avec le projet SCP et les Backrooms ! ❤️
(Et ne dis jamais 5 fois n’importe quel mot devant un miroir)