Médicaments à destination psychiatrique : pourquoi on en prend ?

Quétiapine, Fluoxétine, Sertraline, Venlafaxine, Paroxétine, Bupropion, Lithium Aripiprazole, Olanzapine, Risperidone, Clonazépam, Lorazépam, Diazépam, Mirtazapine

Pourquoi on prend tout ça ?

Pourquoi c’est grave de ne pas en avoir ?

Bienvenue dans le monde fabuleux des maladies mentales ❤️

 

Tous ces médicaments ont des fonctions différentes.

  1. Antidépresseurs pour la dépression (Fluoxétine, Sertraline, Paroxétine, Venlafaxine, Bupropion, Mirtazapine),
  2. Benzodiazépines pour l’anxiété(Clonazépam, Lorazépam, Diazépam),
  3. Thymo-régulateurs pour l’humeur (Lithium),
  4. Antipsychotiques pour les troubles psychotiques (Quétiapine, Aripiprazole, Olanzapine, Risperidone).

 

  1. Dépression : tristesse persistante et perte d’intérêt ou de plaisir.
  2. Anxiété : peur, une tension ou une inquiétude persistante sans raison apparente.
  3. Troubles de l’humeur : conditions qui affectent l’état émotionnel d’une personne (dépression, bipolarité, dystymie, cyclothymie)
  4. États psychotiques : distorsion du contact avec la réalité souvent accompagnés d’hallucinations ou de délires. (schizophrénie, trouble psychotique bref, trouble délirant persistant, trouble schizo-affectif, psychose post-partum)

Les états psychotiques,

c’est tout ce qui déforme le réel

Il peut arriver de ressentir qu’on vit dans un monde factice, de ne pas se sentir humain-e, de ne pas se reconnaître, de ne pas reconnaître nos proches ou de penser qu’iels nous veulent du mal.

Dans un de mes épisodes, je me suis vue dans le miroir, défigurée, en décomposition. J’ai beau être habituée à l’imagerie gore, bah c’était quand même un screamer vraiment efficace.

Une personne psychotique peut dissocier, déréaliser, halluciner, même si des épisodes de dissociation ou de déréalisation ne signifient pas forcément une pathologie psychiatrique.

La prise de substance peut par exemple entraîner des épisodes psychotiques qui sont souvent réversibles lorsque le corps élimine la drogue.

En revanche, toutes les substances sont susceptibles de provoquer de la psychose, y compris l’alcool. Contrairement aux idées reçues, cela n’est pas lié qu’aux drogues hallucinogènes ou psychédéliques.

N’oublions pas les phobies d’impulsion et les pensées intrusives,

la peur obsédante de passer à l’acte et l’imagerie mentale en PLS.

Tu vois, quand tu es en haut d’une falaise et que tu te dis « et si je sautais ? »

Il y a cette sensation bizarre, cette envie de faire la connerie. Beaucoup de gens, et pas que des fols, ressentent ça dans certaines circonstances. Les phobies d’impulsion c’est ça x1000.

Il arrive que des mamans (souvent des victimes de violences sexuelles) aient une peur irrationnelle de toucher leur bébé de manière inappropriée. C’est ça, une phobie d’impulsion, la phobie de ce qu’on pourrait faire.

Les pensées intrusives sont des pensées qui vont surgir dans notre vie de manière complètement random. Tu repasses une chemise, tu vas entendre “brûle toi” pour ensuite, pourquoi pas, associer avec une phobie d’impulsion et lutter pour ne pas le faire.

Une grande partie des personnes déprimées ou anxieuses ne subit pas ce type d’illusion. Si tu ne prends uniquement des antidépresseurs et des anxyolitiques, c’est qu’à priori tu n’as pas connu d’épisode psychotique, et TANT MIEUX.

Tant mieux, parce que la dépression est déjà une sacrée saloperie, vicieuse, pernicieuse, qui colle à la peau. En aucun cas je ne dis que c’est « moins grave », d’autant plus qu’à peu près toutes les affections entraînant des phases psychotiques ont une grosse base dépressive.

La dépression, c’est un point commun entre nous, en fait. Par exemple, dans la bipolarité, c’est plutôt la dépression qui tue que la bipolarité en elle-même. Les ami-es schizophrènes parti-es trop tôt ont plutôt été victimes de la dépression liée à la solitude et l’isolement social que victimes d’une de leurs crises.

La dépression majeure est statistiquement l’affection psy la plus mortelle. On parle ici de suicide mais aussi de facilitation d’usage de substances (pour « calmer la douleur ») qui ont en elles même des effets néfastes dont la psychose comme on l’a vu plus haut.

 

Pour finir : les patient-es psy font partie

des personnes les plus vulnérables.

Le taré à la hache, je sais que ça en jette un max, mais ce n’est pas du tout représentatif des personnes atteinte d’une affection psychiatrique. Au contraire, ce sont nous, les principales victimes.

Littéralement, nos vies dépendent de ces traitements. J’espère que j’ai réussi à expliquer les grandes lignes aux personnes n’ayant jamais subi d’épisode de détresse psychologique intense. Vous avez de la chance. Ce n’est pas dit par dépit ou avec rancœur. Je suis sincèrement heureuse et soulagée de savoir que vous n’avez pas vécu ça.

Et aux personnes concernées qui me lisent : compassion. Il est possible de se stabiliser. C’est ultra dur, c’est horriblement drainant, mais c’est possible. C’est précaire, on va retomber comme d’habitude, mais la vie mérite notre présence. Fais pas de connerie, le monde a besoin de toi ❤️

Rien que pour emmerder le monde à faire semblant d’être dangereux-ses dans les transports en commun pour gratter des places assises.